Coup de tonnerre au Brésil : Bolsonaro assigné à résidence par la Cour suprême
Coup de tonnerre au Brésil : Bolsonaro assigné à résidence par la Cour suprême

BRASILIA, 4 août — La Cour suprême du Brésil a ordonné lundi l’assignation à résidence de l’ancien président Jair Bolsonaro, accusé d’avoir participé à une tentative de coup d’État. Cette décision, rendue par le juge Alexandre de Moraes, intervient alors que les tensions politiques s’accentuent, notamment avec l’administration du président américain Donald Trump, dont Bolsonaro est un allié déclaré.

Selon la décision judiciaire, l’ex-chef de l’État, figure de l’extrême droite brésilienne, a violé les conditions de mesures de précaution qui lui avaient été imposées en juillet. Ces mesures faisaient suite à une série d’enquêtes sur son rôle présumé dans la planification ou le soutien à des actions visant à renverser le gouvernement démocratiquement élu de Luiz Inácio Lula da Silva.

L’affaire remonte aux événements post-électoraux de fin 2022 et début 2023, lorsque des partisans de Bolsonaro avaient envahi les institutions brésiliennes à Brasilia, sur le modèle de l’assaut du Capitole aux États-Unis. Depuis, Bolsonaro est sous le coup de multiples enquêtes pour incitation à la violence, désinformation, et entrave au processus démocratique.

L’ordonnance d’assignation à résidence contraint Bolsonaro à rester confiné à son domicile et lui interdit de communiquer avec d’autres suspects impliqués dans l’affaire. Le juge Moraes a précisé que cette décision visait à préserver l’intégrité de l’enquête judiciaire.

Cette mesure pourrait raviver les tensions avec Washington. L’administration Trump, qui a multiplié les gestes de soutien envers Bolsonaro, pourrait voir dans cette affaire un nouveau sujet de discorde diplomatique. D’autant plus que certains proches de l’ancien président brésilien ont affirmé que les accusations portées contre lui seraient politiquement motivées.

Bolsonaro, quant à lui, continue de clamer son innocence et dénonce une « persécution politique ». Ses soutiens au sein de l’opposition parlementaire brésilienne ont immédiatement critiqué la décision, y voyant une atteinte à ses droits civiques et une manœuvre pour l’écarter durablement de la vie politique.

Alors que la polarisation politique reste vive au Brésil, cette assignation à résidence marque une nouvelle étape décisive dans la chute judiciaire de l’ex-président et dans l’effort des institutions à tirer les leçons de l’assaut contre la démocratie brésilienne.

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