Costa Rica : la Cour suprême demande la levée de l’immunité du président Chaves pour qu’il soit jugé pour corruption
Costa Rica : la Cour suprême demande la levée de l’immunité du président Chaves pour qu’il soit jugé pour corruption

La Cour suprême du Costa Rica a officiellement demandé mardi 1er juillet à l’Assemblée nationale de lever l’immunité du président Rodrigo Chaves afin qu’il puisse être poursuivi pour corruption. Cette décision marque un tournant majeur dans la vie politique du pays, mettant directement en cause le chef de l’État dans une affaire impliquant des fonds publics et des pots-de-vin présumés.

L’affaire trouve son origine dans des accusations portées en avril par le parquet général, selon lesquelles des membres de l’exécutif auraient utilisé des fonds de la Banque centraméricaine d’intégration économique (CABEI) pour verser des pots-de-vin à un proche allié du gouvernement. Une somme de 32 000 dollars aurait ainsi été transférée à un ancien conseiller présidentiel, selon les autorités judiciaires.

Lors de cette session extraordinaire, la Cour suprême a également requis que le ministre de la Culture, Jorge Rodríguez, soit jugé pour les mêmes faits. Rodríguez occupait auparavant le poste de ministre de la Communication. Tous deux encourent une peine pouvant aller de deux à huit ans de prison en cas de condamnation. Chaves et Rodríguez ont catégoriquement nié les accusations.

Le dossier pourrait prendre une tournure politique sensible, l’Assemblée nationale étant actuellement dominée par des législateurs de l’opposition. La décision de lever ou non l’immunité présidentielle pourrait alimenter de vives tensions au sein du Parlement, déjà polarisé.

Par ailleurs, le président Chaves est également soupçonné de financement électoral illicite en lien avec sa campagne présidentielle de 2022, des accusations qu’il a également rejetées. Pour ses détracteurs, ces différentes affaires posent de graves questions sur l’intégrité du pouvoir en place et la transparence de la gestion des fonds publics.

Alors que le pays traverse une période de fortes attentes sociales et de remise en cause des élites, cette affaire risque de fragiliser davantage la présidence de Rodrigo Chaves, élu sur une promesse de rupture avec les pratiques de corruption passées.

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