Scène surréaliste hier soir à l’Assemblée nationale : alors que les députés s’apprêtaient à voter une disposition sensible du projet de loi contre le narcotrafic, les machines de vote sont tombées en panne, plongeant l’hémicycle dans une confusion totale.
Tout semblait se dérouler normalement lorsque la présidente de séance, Naïma Moutchou, a ouvert le scrutin sur l’article 8ter, une mesure visant à intercepter des correspondances sur les messageries chiffrées. Mais au moment d’annoncer le résultat, l’écran affichait… zéro votant. Ni pour, ni contre. Une panne généralisée venait de frapper les deux machines de vote électronique.
Les tentatives de relancer le processus échouent. Après plusieurs minutes de flottement, la séance est suspendue. Officiellement pour cinq minutes, mais il faudra finalement quarante minutes de discussions pour trouver une solution. Résultat : les députés devront être appelés un à un pour voter manuellement, retardant encore l’examen du texte, censé être bouclé avant vendredi soir.
Cet incident technique a offert un répit inespéré à Bruno Retailleau, qui semblait en passe de subir un revers sur cette mesure controversée. Nombre de députés, y compris de la majorité, s’opposaient à ce texte jugé trop attentatoire aux libertés publiques et insuffisamment encadré. Introduite par voie d’amendement sans consultation du Conseil d’État, la disposition faisait face à une fronde quasi unanime.
Ironie du sort, c’est un simple bug informatique qui aura permis de repousser l’inévitable verdict. Mais pour combien de temps ?