Attendu ce mardi 8 avril devant la commission d’enquête sénatoriale sur le scandale des eaux en bouteille, Alexis Kohler a décliné la convocation à la veille de son audition. Le secrétaire général de l’Élysée, sur le départ, invoque la séparation des pouvoirs pour justifier son absence. Une décision qui surprend les sénateurs, d’autant que l’Élysée avait précédemment transmis des documents à cette même commission. Le rapporteur, Alexandre Ouizille, dénonce une « incohérence » et regrette ce désistement, alors que l’enquête touche à sa fin.
Un scandale sanitaire et politique
Cette audition était jugée cruciale après des révélations sur une rencontre entre Kohler et des représentants de Nestlé, soupçonnés d’avoir obtenu un feu vert gouvernemental pour continuer à utiliser des traitements non conformes sur certaines eaux minérales. Emmanuel Macron a nié toute connivence, mais le refus de Kohler d’être entendu nourrit les soupçons. Déjà accusé de s’être soustrait à une autre audition sur le dérapage budgétaire, le haut fonctionnaire s’expose à des critiques renforcées.
La commission, lancée en novembre 2024, a déjà auditionné ministres, ONG, scientifiques et responsables de Nestlé. Le directeur général du groupe, Laurent Freixe, sera entendu mercredi, présenté comme une « dernière chance » pour l’entreprise de s’expliquer. Le rapport final de la commission est attendu pour le 19 mai. Il devrait pointer les responsabilités dans cette affaire où santé publique, lobbying industriel et opacité politique s’entrelacent.