L’ancien Premier ministre François Fillon a été condamné par la cour d’appel de Paris à quatre ans de prison avec sursis, assortis d’une amende de 375 000 euros et de cinq ans d’inéligibilité, dans le cadre de l’affaire dite des « emplois fictifs » de son épouse Penelope Fillon à l’Assemblée nationale. Cette condamnation marque l’épilogue judiciaire d’un scandale qui avait secoué la campagne présidentielle de 2017.
Une peine revue, mais une culpabilité confirmée
Cette audience faisait suite à un arrêt de la Cour de cassation rendu en avril 2024, qui avait confirmé la culpabilité de François Fillon tout en annulant les peines prononcées en 2022, notamment la partie de prison ferme. L’affaire avait donc été renvoyée devant la cour d’appel pour réévaluation des peines.
Le parquet avait requis quatre ans de prison avec sursis, 375 000 euros d’amende, et dix ans d’inéligibilité. Les juges ont suivi ces réquisitions sur les peines principales mais ont réduit la durée d’inéligibilité à cinq ans.
Penelope Fillon et Marc Joulaud également condamnés
Penelope Fillon, également poursuivie dans cette affaire, a été condamnée à deux ans de prison avec sursis et 375 000 euros d’amende. Marc Joulaud, ancien suppléant de François Fillon à l’Assemblée nationale, a écopé de trois ans de prison avec sursis, la même amende, et cinq ans d’inéligibilité.
En outre, les trois prévenus devront rembourser solidairement plus de 800 000 euros à l’Assemblée nationale, en réparation du préjudice financier causé par ces emplois jugés fictifs.
Une affaire aux lourdes conséquences politiques
Dévoilée en janvier 2017 par Le Canard enchaîné, l’affaire des emplois fictifs avait précipité la chute de la campagne présidentielle de François Fillon, alors favori de la droite. Ce dernier avait toujours nié avoir fraudé, affirmant que son épouse travaillait effectivement à ses côtés comme assistante parlementaire. Les juges ont cependant estimé que les tâches décrites étaient insuffisantes, imprécises, voire inexistantes.
Malgré ses dénégations, François Fillon a vu son avenir politique durablement compromis. Dans une déclaration à l’audience, il a évoqué une « blessure morale » et s’est dit traité de manière « singulière », évoquant implicitement le contexte politique de son procès.
La fin d’un long feuilleton judiciaire
Avec ce nouveau jugement, c’est la fin d’un long feuilleton judiciaire entamé il y a plus de huit ans. La décision de la cour d’appel de Paris est susceptible d’un ultime pourvoi en cassation sur les peines, bien que la culpabilité soit désormais définitivement établie