Le Royaume-Uni et l’Inde ont annoncé mardi la signature d’un accord de libre-échange qualifié d’« historique » par le Premier ministre britannique Keir Starmer, marquant l’aboutissement de plus de trois années de pourparlers complexes. Le texte prévoit une réduction drastique des droits de douane sur des produits emblématiques des deux pays, comme le whisky écossais, le gin anglais, les épices indiennes, ainsi que des biens industriels et manufacturés.
Cet accord, le plus important conclu par Londres depuis sa sortie de l’Union européenne, va abaisser les tarifs douaniers indiens sur les produits britanniques tels que les cosmétiques, les dispositifs médicaux, les voitures, les pièces d’avion et la viande d’agneau. Les taxes sur le whisky et le gin passeront progressivement de 150 % à 40 % sur dix ans, tandis que celles sur les voitures, actuellement supérieures à 100 %, seront réduites à 10 % dans le cadre d’un système de quotas.
Du côté indien, le ministère du Commerce s’est félicité de voir 99 % de ses exportations exemptées de droits de douane à l’entrée au Royaume-Uni. Cela concerne notamment les textiles, les produits de la mer, les jouets, le cuir, les chaussures et les bijoux. Le ministre Piyush Goyal a salué un texte qui « rapproche l’Inde de son objectif de devenir une puissance économique mondiale » tout en garantissant « la protection de ses intérêts fondamentaux ».
L’accord englobe également les services et facilite la mobilité professionnelle entre les deux pays. Il introduit notamment une exemption de cotisations sociales pour les travailleurs indiens au Royaume-Uni et les travailleurs britanniques en Inde pendant trois ans, ainsi qu’une ouverture de visas pour certaines professions culturelles et artisanales, comme les chefs, musiciens ou professeurs de yoga.
Londres prévoit un gain économique de 6,7 milliards de livres par an à l’horizon 2040 grâce à cet accord, avec une hausse estimée à 25,5 milliards de livres des échanges bilatéraux. Pour le secteur du whisky, l’un des plus concernés, l’association professionnelle britannique anticipe une augmentation potentielle d’un milliard de livres sterling des exportations vers l’Inde en cinq ans, un pays qui constitue déjà le plus grand marché mondial de whisky.
Malgré des divergences sur les questions migratoires, sources de crispation au Royaume-Uni dans un contexte politique tendu, les deux parties sont parvenues à un compromis qualifié de « raisonnable » par le gouvernement britannique, qui assure que l’accord n’aura « aucun impact sur le système migratoire » général.
Ce traité intervient alors que plusieurs pays cherchent à nouer de nouveaux accords commerciaux face à la résurgence du protectionnisme, illustrée par les politiques tarifaires de l’administration Trump. La cheffe de la Confédération de l’industrie britannique, Rain Newton-Smith, a salué un accord « porteur d’espoir dans un climat de fermeture croissante des marchés ».
Le Premier ministre indien Narendra Modi a invité Keir Starmer à se rendre prochainement en Inde. Ce dernier a accepté et a affirmé qu’il effectuerait ce déplacement « dès que possible ». L’accord doit désormais être ratifié par les deux parlements avant son entrée en vigueur.