Le président américain Donald Trump a déclaré mardi que la Corée du Sud avait obtenu l’autorisation officielle de Washington pour développer un sous-marin à propulsion nucléaire, marquant un tournant majeur dans la coopération militaire entre les deux alliés. Cette annonce, faite à bord d’Air Force One alors que Trump se rendait à Séoul, intervient à la veille d’une rencontre avec le président sud-coréen Lee Jae Myung.
« La Corée du Sud a maintenant le feu vert pour construire son propre sous-marin nucléaire », a affirmé Trump devant des journalistes. « C’est une étape importante pour leur sécurité et pour la stabilité régionale. » Il a ajouté que cette décision visait à renforcer la dissuasion face aux menaces croissantes de la Corée du Nord et aux ambitions militaires de la Chine dans la région Indo-Pacifique.
Si elle se confirme, cette autorisation constituerait une avancée sans précédent : depuis les années 1950, les États-Unis n’avaient partagé leur technologie de propulsion nucléaire sous-marine qu’avec le Royaume-Uni. En accordant un tel privilège à Séoul, Washington étendrait donc un partenariat stratégique jusque-là réservé à ses alliés les plus proches.
La Corée du Sud cherche depuis plusieurs années à obtenir cette capacité, estimant qu’un sous-marin à propulsion nucléaire renforcerait considérablement sa défense maritime. Le pays a également sollicité l’autorisation américaine pour le retraitement de combustible nucléaire, une demande qui, selon des sources diplomatiques, reste en cours d’évaluation.
Cependant, plusieurs experts en sécurité régionale ont exprimé leurs réserves. Certains estiment qu’un tel projet pourrait exacerber les tensions avec Pyongyang, qui considère déjà les exercices conjoints américano-sud-coréens comme des provocations. D’autres craignent qu’il n’alimente une nouvelle course aux armements dans une région déjà fragile, notamment face au Japon et à la Chine.
Cette décision, qui s’inscrit dans une série d’initiatives militaires annoncées par Trump depuis le début de son second mandat, pourrait profondément redéfinir l’équilibre stratégique en Asie de l’Est. Reste à savoir si cette coopération nucléaire inédite entre Washington et Séoul se traduira concrètement par un accord de transfert technologique, ou si elle demeurera pour l’instant au stade des déclarations politiques.