TAIPEI – Taïwan a déclaré jeudi être en état d’alerte renforcée après que deux porte-avions chinois ont été repérés opérant dans le Pacifique occidental, au large du Japon. Ces manœuvres sont perçues comme une démonstration de force croissante de Pékin, dans un contexte de tensions persistantes autour de l’île autonome que la Chine considère comme faisant partie intégrante de son territoire.
Selon le ministère taïwanais de la Défense, les porte-avions chinois Shandong et Fujian ont été détectés dans les eaux du Pacifique cette semaine. Le Fujian, le plus récent porte-avions de la marine chinoise et encore en phase d’essais, a été observé à l’est de Taïwan. Ces mouvements ont déclenché une mobilisation conjointe des forces japonaises et taïwanaises pour surveiller de près les activités navales chinoises.
Le président taïwanais Lai Ching-te a ordonné aux forces armées d’intensifier leurs efforts de renseignement et de surveillance face à ce qu’il a qualifié d’« intensification de la pression militaire » de la part de la Chine. Il a affirmé que Taïwan ne cherchait pas l’escalade, mais qu’il était de son devoir de défendre la démocratie et la sécurité nationale.
Les autorités japonaises ont également confirmé le déploiement de plusieurs navires de la marine chinoise, soulignant que Tokyo suivait de près la situation. La Chine n’a pas immédiatement commenté ces mouvements, mais elle considère régulièrement ses manœuvres militaires autour de Taïwan comme des « exercices normaux » dans le cadre de la protection de son intégrité territoriale.
Pékin n’a jamais renoncé à l’usage de la force pour ramener Taïwan sous son contrôle, et intensifie régulièrement ses activités militaires près de l’île. Ces derniers mois, la Chine a multiplié les incursions aériennes et navales dans la zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) de Taïwan, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale.
Taïwan, qui dispose de son propre gouvernement, de ses forces armées et d’un système démocratique, rejette les revendications de souveraineté de Pékin. Le gouvernement taïwanais affirme que seul le peuple taïwanais peut décider de son avenir.