Taïwan s'entraîne à contrer les tactiques chinoises de « zone grise » dans un exercice militaire conjoint inédit
Taïwan s'entraîne à contrer les tactiques chinoises de « zone grise » dans un exercice militaire conjoint inédit

Dans un contexte de tensions persistantes avec la Chine, les garde-côtes taïwanais ont mené dimanche un exercice d’envergure avec les forces armées dans la ville portuaire de Kaohsiung, au sud de l’île. L’objectif : renforcer la coopération interservices face aux menaces dites de « zone grise », un type d’agression insidieuse que Taipei accuse Pékin d’employer de plus en plus fréquemment.

La Chine, qui considère Taïwan comme une province rebelle, intensifie depuis plusieurs années ses pressions militaires et économiques sans franchir le seuil d’un affrontement armé direct. Dragage de sable dans les eaux taïwanaises, sabotage présumé de câbles sous-marins, incursions répétées de navires ou d’aéronefs : autant d’actions destinées à déstabiliser l’île démocratique sans déclaration formelle de guerre.

L’exercice de dimanche, supervisé par le président Lai Ching-te, récemment élu, a simulé une attaque terroriste sur un ferry. Les garde-côtes ont abordé le navire à l’aide d’hélicoptères de sauvetage et d’évacuation sanitaire, coordonnés pour la première fois avec un appareil anti-sous-marin de la marine. Le scénario incluait la reprise du contrôle du navire et l’évacuation de blessés, illustrant une réponse rapide et coordonnée à une situation d’urgence en mer.

S’exprimant devant les forces engagées, le président Lai a salué le rôle de première ligne joué par les garde-côtes face aux intrusions chinoises, et affirmé que son gouvernement renforcerait la résilience nationale. « Taïwan est confronté à une intrusion constante de la Chine, mais nos collègues des garde-côtes sont toujours en première ligne pour protéger notre peuple », a-t-il déclaré en présence de Neil Gibson, représentant diplomatique américain à Kaohsiung.

Les garde-côtes taïwanais, qui seraient intégrés aux forces armées en cas de conflit, voient leurs capacités modernisées dans le cadre d’un vaste programme de renforcement de la défense. En témoignent les corvettes furtives de classe Anping, dérivées des navires de guerre Tuo Chiang, capables d’emporter des missiles anti-navires Hsiung Feng fabriqués localement. L’un de ces navires a participé à l’exercice, illustrant le tournant militaro-technologique opéré par Taipei.

Taïwan, soutenu discrètement par les États-Unis, continue de rejeter les revendications territoriales de Pékin, affirmant que seul son peuple peut décider de son avenir. Face à une Chine toujours plus pressante, l’île multiplie les démonstrations de préparation et d’unité, autant pour dissuader que pour rassurer sa population.

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