Alors que les États-Unis poursuivent l’examen du projet AUKUS, l’Australie s’est dite confiante vendredi dans la résolution des problèmes soulevés par Washington, notamment ceux liés aux capacités de production de sous-marins nucléaires. Ce partenariat stratégique, lancé en 2023 entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis, vise à doter Canberra de sous-marins à propulsion nucléaire pour contrer l’influence croissante de la Chine dans l’Indo-Pacifique.
L’ambassadeur australien à Washington, Kevin Rudd, ancien Premier ministre et actuel président de l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI), a déclaré que les « défis logistiques et industriels » identifiés dans le cadre de cet examen étaient sérieux, mais « loin d’être insurmontables ». Il s’est montré optimiste quant à la volonté des trois pays de « faire fonctionner ce partenariat stratégique à long terme ».
Les inquiétudes américaines ont été formellement exprimées en juin, lorsque des responsables du Pentagone, dont Elbridge Colby, ont lancé une réévaluation du programme. L’un des points de tension majeurs réside dans la crainte que la marine américaine ne dispose pas elle-même d’un nombre suffisant de sous-marins d’attaque pour répondre à ses besoins tout en honorant ses engagements envers l’Australie.
Les États-Unis ont accepté de fournir à Canberra trois sous-marins de classe Virginia d’ici la fin des années 2030, avant que l’Australie ne commence à construire sa propre flotte en partenariat avec le Royaume-Uni. Mais certains experts américains jugent que cette promesse pourrait affaiblir la flotte américaine à un moment critique de rivalité stratégique avec Pékin.
Kevin Rudd a néanmoins assuré que des solutions sont à l’étude pour garantir une augmentation coordonnée des capacités de production, notamment dans les chantiers navals américains. Il a également souligné que le partenariat ne se limitait pas à la vente de sous-marins, mais comprenait un transfert de technologie, une coopération en matière de cyberdéfense et de capacités hypersoniques.
Ce projet ambitieux, qui représente l’un des plus importants engagements militaires australiens depuis la Seconde Guerre mondiale, reste au cœur des priorités stratégiques des pays alliés dans la région Indo-Pacifique, en dépit des obstacles techniques et diplomatiques.