La Chine a réaffirmé jeudi que Gui Minhai, éditeur emprisonné et citoyen suédois d’origine chinoise, est considéré par Pékin comme un ressortissant chinois, rejetant fermement toute ingérence étrangère dans son système judiciaire. Cette déclaration intervient alors que la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, entame une visite officielle en Chine.
Lors d’une conférence de presse, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a précisé que Gui Minhai avait enfreint les lois chinoises et que son affaire était traitée « conformément à la loi ». Il a insisté sur le fait que la Chine s’oppose à toute intervention d’un pays, d’une organisation ou d’un individu dans ses affaires intérieures, notamment celles relevant de sa souveraineté judiciaire.
Gui Minhai, 61 ans, éditeur installé à Hong Kong, s’était fait connaître pour la publication de livres critiques envers les dirigeants chinois. Il avait été condamné en 2020 à dix ans de prison pour avoir, selon les autorités, transmis illégalement des informations à l’étranger. Cette condamnation avait suscité une vive protestation en Suède, où il est également citoyen.
Son arrestation initiale en 2015, dans la station balnéaire thaïlandaise de Pattaya, avait déjà soulevé l’indignation internationale. Après une première libération en 2017, Gui avait de nouveau été arrêté en 2018 alors qu’il voyageait en train vers Pékin accompagné de diplomates suédois. Ce second enlèvement avait intensifié les tensions diplomatiques entre la Chine et la Suède.
Le dossier Gui Minhai reste un point de friction dans les relations sino-européennes, soulevant des préoccupations sur le respect des droits humains, la liberté d’expression et la protection consulaire des ressortissants binationaux. Sa situation devrait être évoquée lors des discussions bilatérales entre les chefs de la diplomatie chinoise et suédoise.