Les dirigeants européens ont affirmé que toute future négociation entre la Russie et l’Ukraine devait se baser sur les lignes de front actuelles, rejetant l’idée d’un compromis territorial au détriment de Kiev. Cette position intervient alors que les préparatifs du sommet entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine rencontrent de nouveaux blocages diplomatiques.
Selon plusieurs sources diplomatiques citées mardi, les discussions en vue du sommet, censé marquer une relance du dialogue entre Washington et Moscou, ont été ralenties après le report de la rencontre prévue entre le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Ce report illustre la persistance de divergences profondes sur les conditions d’un cessez-le-feu durable en Ukraine.
Les responsables européens, notamment à Paris, Berlin et Varsovie, craignent que Donald Trump, désireux d’obtenir un succès diplomatique rapide, ne soit tenté d’accorder des concessions à la Russie. Ils insistent pour que les frontières actuelles du champ de bataille servent de point de départ aux discussions, afin d’éviter toute légitimation des gains territoriaux obtenus par la force.
La Pologne, en première ligne face au conflit, a mis en garde Vladimir Poutine contre toute violation de son espace aérien s’il devait se rendre au sommet. Varsovie a réaffirmé qu’elle ne reconnaîtrait aucune modification des frontières ukrainiennes imposée par Moscou, et a appelé l’Otan à maintenir une posture de fermeté face au Kremlin.
Le Kremlin, de son côté, n’a pas confirmé la participation de Vladimir Poutine à ce sommet encore hypothétique, estimant que les conditions politiques n’étaient « pas réunies » pour des discussions productives. Kiev, pour sa part, se dit prête à participer à des pourparlers de paix uniquement si l’intégrité territoriale de l’Ukraine est pleinement respectée.
Ces tensions diplomatiques illustrent la fragilité des initiatives internationales visant à mettre fin à un conflit qui entre dans sa quatrième année, alors que les combats se poursuivent dans les régions de Kharkiv, Donetsk et Zaporijjia.