La Grèce est engagée dans des discussions avancées avec Israël en vue d’acquérir des systèmes de missiles et d’artillerie destinés à renforcer un ambitieux projet de défense antiaérienne et antidrones, ont indiqué vendredi à Reuters deux responsables au fait du dossier. Ce programme, baptisé « Bouclier d’Achille », constitue l’un des piliers de la modernisation militaire engagée par Athènes.
Sortant d’une longue crise de la dette, le pays prévoit de consacrer environ 28 milliards d’euros d’ici 2036 à la modernisation de ses forces armées, dans un contexte de rivalité persistante avec la Turquie. Près de 3 milliards d’euros seront alloués à la mise en place d’un système multicouche de défense aérienne intégrant des technologies avancées et de nouveaux équipements.
Selon l’un des responsables cités, la Grèce souhaite acheter 36 lance-roquettes PULS, conçus par l’entreprise israélienne Elbit Systems, ainsi que plusieurs systèmes antiaériens complémentaires. Le coût de ces systèmes PULS est estimé à environ 650 millions d’euros, et le projet devrait inclure une participation industrielle grecque d’environ 25 %. Ces équipements seraient principalement déployés pour protéger la frontière orientale du pays face à la Turquie, où les tensions restent récurrentes.
Athènes et Tel Aviv entretiennent une coopération militaire étroite, renforcée ces dernières années par des exercices conjoints et par l’exploitation commune d’un centre de formation aérienne dans le sud de la Grèce. Un second responsable grec a confirmé que les négociations se poursuivaient, même si le ministère israélien de la Défense n’a pas réagi dans l’immédiat.
La Grèce envisage également de remplacer une partie importante de ses systèmes de défense russes vieillissants – OSA, TOR-M1 et S-300 – par des équipements occidentaux plus modernes. Les discussions initiales avec Israël avaient été mises en pause en 2024 en raison des opérations militaires menées par l’État hébreu à Gaza, mais elles ont désormais repris.
Parallèlement à ce programme antiaérien, Athènes souhaite acquérir de nouveaux avions de chasse furtifs, des frégates et des sous-marins auprès de partenaires américains et européens, afin de consolider son dispositif militaire dans une région marquée par des tensions géopolitiques persistantes.