ISTANBUL/JÉRUSALEM – Alors que les espoirs d’un accord sur le nucléaire iranien s’amenuisent, la tension entre Téhéran et Tel-Aviv atteint un nouveau sommet. Samedi, Israël a affirmé avoir tué un haut commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) à l’étranger, alors que l’Iran juge « irréalistes » les propositions européennes visant à encadrer son programme nucléaire.
Selon les autorités israéliennes, cette opération visait un responsable militaire clé impliqué dans la planification d’attaques contre Israël et ses alliés. Aucun détail n’a été fourni sur le lieu de la frappe, mais l’armée israélienne a précisé qu’il s’agissait d’une action « préventive et ciblée ».
Dans le même temps, un haut responsable iranien a dénoncé les propositions européennes actuellement en discussion à Genève, les qualifiant de « fondamentalement irréalistes » et incompatibles avec la souveraineté de l’Iran. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a ajouté que « tant que les attaques israéliennes se poursuivent, il n’est pas possible de discuter sérieusement avec les États-Unis ».
Les pourparlers entre l’Iran et les puissances européennes (France, Allemagne, Royaume-Uni, UE) stagnent, malgré l’implication active de certains dirigeants, dont Emmanuel Macron. Selon les Iraniens, le climat de conflit empêche toute avancée diplomatique significative.
Depuis une semaine, les violences ont fait au moins 430 morts, selon un bilan fourni par les autorités iraniennes. L’armée israélienne affirme de son côté avoir intercepté plusieurs missiles iraniens au-dessus de Tel-Aviv, notamment dans la nuit de vendredi à samedi, alors que les sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs villes du centre du pays.
L’ONU et plusieurs chancelleries appellent à une désescalade urgente, redoutant une extension régionale du conflit. Mais pour l’heure, ni Téhéran ni Tel-Aviv ne semblent enclins à baisser les armes.