Inde et Pakistan se rejettent la responsabilité de nouvelles attaques alors que les tensions atteignent un niveau critique
Inde et Pakistan se rejettent la responsabilité de nouvelles attaques alors que les tensions atteignent un niveau critique

Les hostilités entre l’Inde et le Pakistan ont franchi un nouveau seuil vendredi, les deux puissances nucléaires d’Asie du Sud s’accusant mutuellement d’avoir lancé des attaques militaires pour la troisième journée consécutive. Des drones, des missiles et des tirs d’artillerie ont été rapportés des deux côtés de la frontière, faisant plusieurs dizaines de morts, civils et militaires, dans ce qui est désormais la pire escalade depuis la guerre de Kargil en 1999.

À l’origine de cette nouvelle crise, une attaque meurtrière contre des touristes hindous au Cachemire indien le mois dernier, attribuée par New Delhi à des groupes soutenus par Islamabad. En représailles, l’Inde a frappé mercredi des cibles qu’elle considère comme des « camps terroristes » sur le sol pakistanais. Depuis, les échanges de feu et les survols de drones n’ont cessé de s’intensifier.

Vendredi, l’armée indienne a affirmé avoir repoussé plusieurs attaques de drones pakistanais le long de la frontière occidentale et accusé le Pakistan de multiples violations du cessez-le-feu dans la région disputée du Cachemire. De son côté, Islamabad nie toute action offensive, qualifiant les déclarations indiennes de « sans fondement et trompeuses ».

Dans le Cachemire pakistanais, les autorités locales rapportent que cinq civils, dont un nourrisson, ont été tués et 29 autres blessés lors de bombardements menés aux premières heures de la journée. En Inde, une femme a été tuée et plusieurs maisons endommagées dans la région d’Uri. Des sirènes ont retenti à Amritsar, ville frontalière qui abrite le célèbre Temple d’or, incitant les habitants à se confiner. Les touristes ont commencé à fuir la ville, tandis que des mesures d’évacuation sont également en cours dans d’autres régions frontalières comme Bhuj et Bikaner.

Face à la montée des tensions, l’Inde a suspendu son prestigieux tournoi de cricket T20 de la Premier League indienne, interrompu jeudi soir à cause d’une coupure de courant causée par un raid aérien. Le gouvernement a également ordonné le renforcement de la sécurité dans tous les ports et installations navales, craignant de potentielles attaques ciblées.

Sur le plan diplomatique, la communauté internationale tente de contenir l’escalade. Le vice-président américain JD Vance a réitéré l’appel à la désescalade, déclarant que Washington « ne peut pas contrôler ces pays », mais souhaite une solution rapide. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, s’est entretenu jeudi avec son homologue indien et doit se rendre au Pakistan, tandis qu’Islamabad affirme maintenir un dialogue quotidien avec la Chine, le Qatar et l’Arabie saoudite.

Depuis leur partition en 1947, l’Inde et le Pakistan ont mené trois guerres, dont deux pour le Cachemire, une région à majorité musulmane que les deux pays revendiquent en totalité. Alors que les affrontements se rapprochent désormais de zones densément peuplées et que les tensions religieuses et nationalistes s’enflamment, le spectre d’un conflit de grande ampleur, voire nucléaire, hante de nouveau le sous-continent.

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