Une série d’explosions a frappé plusieurs ponts dans différentes provinces d’Équateur, quelques jours seulement après une vaste opération gouvernementale contre l’exploitation minière illégale. Ces attaques, que les autorités soupçonnent d’être liées aux réseaux criminels touchés par la répression, ont ravivé les inquiétudes concernant la sécurité intérieure du pays.
Selon le ministre de l’Intérieur, John Reimberg, au moins trois ponts ont été endommagés dans les provinces d’Esmeraldas et de Los Ríos, dans des incidents survenus dans la nuit de lundi à mardi. Les attaques n’ont pas fait de victimes, mais elles ont provoqué d’importants dégâts matériels et perturbé la circulation dans plusieurs zones rurales. Les autorités locales ont renforcé la présence policière et militaire dans les régions touchées.
Ces explosions interviennent quelques jours après qu’un véhicule piégé a explosé devant un centre commercial à Guayaquil, principale ville du pays. Un deuxième véhicule contenant des explosifs avait été retrouvé à proximité, mais neutralisé à temps. Le gouvernement a depuis attribué ces actes à des groupes criminels cherchant à se venger de la récente campagne contre l’extraction illégale d’or, qui constitue une source majeure de financement pour plusieurs organisations armées locales.
Le président Daniel Noboa a réaffirmé sa volonté de poursuivre la lutte contre ce qu’il a qualifié de « narco-minería », un système mêlant trafic de drogue, corruption et exploitation illégale des ressources naturelles. Il a également annoncé la fin progressive des subventions au diesel, souvent utilisé pour alimenter les engins de ces exploitations clandestines.
Toutefois, cette mesure a suscité la colère de plusieurs groupes autochtones et syndicats, qui manifestent depuis plusieurs semaines contre la hausse du prix du carburant. Ces organisations dénoncent une politique qui, selon elles, pénalise les communautés rurales sans s’attaquer aux racines économiques du problème.
Les autorités équatoriennes affirment qu’une enquête est en cours pour déterminer si les récentes explosions sont coordonnées. Les premiers éléments pointent vers des groupes criminels ayant perdu des territoires et des revenus à la suite des opérations militaires menées dans les provinces minières du sud.