Le président mexicain a déclaré mardi que son gouvernement espérait parvenir dans les tout prochains jours à un compromis avec les États-Unis, dans le cadre d’un différend croissant autour de la régulation du trafic aérien entre les deux pays. Le contentieux, qui menace certaines opérations des compagnies aériennes, est jugé suffisamment grave pour que Washington ait brandi la menace de sanctions.
À l’origine du conflit : une série de modifications unilatérales imposées par les autorités mexicaines sur les horaires de vols à destination de l’aéroport de Mexico, provoquant l’ire du Département américain des Transports. Samedi dernier, ce dernier a exigé que les compagnies mexicaines soumettent leurs nouveaux créneaux de vol à approbation préalable, sous peine de voir leurs demandes refusées.
Les tensions concernent aussi une alliance stratégique entre Delta Air Lines et Aeromexico. Les autorités américaines ont proposé de suspendre l’immunité antitrust dont bénéficie cette coentreprise, estimant qu’elle pourrait porter atteinte à la concurrence. Les deux compagnies ont demandé un délai jusqu’au 2 septembre pour répondre officiellement à cette proposition.
Dans ce contexte incertain, certaines voix du secteur se veulent toutefois optimistes. « Nous sommes extrêmement confiants que la solution sera là dans les prochains jours », a déclaré Enrique Beltranena, PDG de la compagnie à bas prix Volaris, lors d’un appel avec des analystes. Il venait de s’entretenir avec le ministère mexicain des Transports, qui mène actuellement les négociations avec son homologue américain.
La crise survient alors que les échanges aériens entre le Mexique et les États-Unis connaissent une forte reprise post-pandémie, notamment grâce aux compagnies low-cost qui desservent des dizaines de destinations transfrontalières. Toute restriction ou incertitude réglementaire pourrait avoir des conséquences significatives sur la connectivité et les flux touristiques entre les deux pays.
Les autorités mexicaines affirment vouloir préserver leur souveraineté sur la gestion de l’aéroport de la capitale, tout en cherchant à désamorcer les tensions par le dialogue. Un accord rapide permettrait de rassurer les acteurs du secteur aérien et d’éviter une escalade qui pourrait perturber le trafic à l’approche des mois de haute saison touristique.