La signature d’un accord négocié par les États-Unis entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, vendredi à la Maison-Blanche, suscite à la fois un certain optimisme et de fortes réserves dans les deux pays. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ont paraphé le texte en présence de Donald Trump, qui s’est posé en garant de cette avancée diplomatique. L’accord, qui ne constitue pas un traité de paix, vise à ouvrir une nouvelle phase de normalisation, sans régler le contentieux central autour du Haut-Karabakh.
Ce compromis intervient dans un contexte géopolitique marqué par le recul de l’influence russe dans le Caucase du Sud, conséquence de la victoire militaire éclair de Bakou en 2023 qui a entraîné le départ des forces arméniennes et de la population arménienne de la région. Parmi les dispositions annoncées figure l’ouverture d’un corridor de transit surnommé la « route Trump pour la paix et la prospérité », symbole du rôle accru de Washington dans la région.
Réactions contrastées dans les deux capitales
À Bakou, certains voient dans ce texte une étape historique. Des figures de l’opposition, comme Ali Karimli ou Arif Hajili, saluent un rapprochement décisif entre les deux pays et une nouvelle marginalisation de Moscou, tout en prévenant que la Russie conservera des leviers d’influence par les liens économiques et humains. Dans les rues de la capitale azerbaïdjanaise, des habitants se disent rassurés par l’implication américaine et espèrent une ouverture rapide des frontières et le rétablissement de relations normales avec Erevan.
À Erevan, la prudence domine. Si certains entrepreneurs y voient des perspectives économiques, notamment via l’ouverture de nouvelles routes commerciales et énergétiques, d’autres dénoncent un accord déséquilibré qui ne garantirait pas une paix durable. Pour ses détracteurs, les concessions seraient entièrement à sens unique, au profit de Bakou.