Taxer le kérosène : ADP monte au créneau contre une mesure jugée « punitive »
Taxer le kérosène : ADP monte au créneau contre une mesure jugée « punitive »

Alors que le gouvernement envisage d’inclure une taxe sur le kérosène dans le budget 2026, Philippe Pascal, PDG du groupe Aéroports de Paris (ADP), alerte sur les conséquences d’une telle mesure. Invité chez nos confrères de franceinfo, il a dénoncé une stigmatisation du secteur aérien, à rebours des efforts de transformation engagés selon lui pour répondre aux enjeux climatiques.

Un secteur aérien « florissant » mais fragilisé par la fiscalité

Pour le patron du groupe ADP, qui gère notamment Roissy, Orly et Le Bourget, taxer le kérosène reviendrait à frapper un secteur déjà engagé dans la décarbonation. « C’est pénaliser et stigmatiser une industrie qui figure parmi les rares grandes filières françaises compétitives à l’international », a-t-il affirmé. Il met en garde contre un effet domino : augmentation mécanique des prix des billets et impact direct sur les voyageurs les plus modestes. « Aujourd’hui, 33 % des passagers sont issus de foyers modestes, contre seulement 14 % de CSP+ », martèle-t-il. Philippe Pascal insiste également sur le dynamisme du trafic. Le mois de mai 2025 a enregistré une hausse de 3 % par rapport à l’année précédente, et la saison estivale s’annonce en progression de 5 %, dopée par l’effet Jeux olympiques. Il évoque un engouement durable : les touristes étrangers veulent « voir Paris pour de vrai » après l’événement, et les jeunes Français prennent de plus en plus l’avion.

Des JO à l’accessibilité, ADP veut valoriser ses investissements

L’héritage olympique est aussi un argument que Philippe Pascal met en avant. ADP a investi massivement dans la modernisation de ses infrastructures pour accueillir les visiteurs du monde entier, en particulier les personnes en situation de handicap. Ces efforts, assure-t-il, ne doivent pas être freinés par une fiscalité qui entraverait la capacité du secteur à investir dans des solutions durables. Avec 26 aéroports opérés dans le monde et 363 millions de passagers accueillis en 2024, le groupe ADP revendique sa place stratégique dans le transport mondial. Mais face à un gouvernement qui cherche de nouvelles recettes et une opinion publique de plus en plus sensible à l’impact environnemental du trafic aérien, la bataille autour du kérosène s’annonce aussi politique qu’économique.

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