La Russie frappe le réseau électrique ukrainien, faisant sept morts, dont un enfant(pixnio)
La Russie frappe le réseau électrique ukrainien, faisant sept morts, dont un enfant(pixnio)

À partir du 1er novembre, près de onze millions de foyers français verront évoluer leurs plages d’heures creuses. Objectif : mieux synchroniser la consommation d’électricité avec la production solaire, désormais plus abondante en journée. Cette réforme, portée par Enedis et validée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), vise à déplacer une partie de la demande vers les heures où le soleil produit le plus, notamment l’après-midi. Le dispositif des heures pleines et creuses, instauré dans les années 1960 à l’ère du tout-nucléaire, reposait sur un principe simple : encourager les foyers à consommer la nuit, période historiquement creuse pour le réseau. Mais avec l’essor massif des énergies renouvelables, la situation s’est inversée. Les moments de forte production coïncident désormais avec les heures d’ensoleillement, souvent en milieu de journée.

Une transition progressive pour onze millions de foyers

Entre novembre 2025 et octobre 2027, Enedis réorganisera les plages horaires des 11 millions de clients équipés d’un compteur Linky. Les 3,5 millions restants disposent déjà de créneaux conformes aux nouvelles orientations. La première phase, prévue de novembre 2025 à juin 2026, concernera 1,7 million de foyers. Les heures creuses du matin et du soir (7 h-10 h, 18 h-23 h l’été, 7 h-11 h et 17 h-21 h l’hiver) disparaîtront, au profit d’horaires centrés sur la mi-journée. La seconde phase, programmée de décembre 2026 à octobre 2027, introduira la saisonnalité des heures creuses. Elles seront fixées différemment selon la période de l’année : entre 11 h et 17 h en été, et réparties plus largement sur la journée en hiver. Les ajustements se feront à distance, sans intervention des particuliers. Les horaires exacts dépendront de la configuration locale du réseau et pourront varier d’un immeuble à l’autre.

Une réforme pour équilibrer le réseau et alléger les factures

Cette évolution vise à réduire la pression sur le système électrique aux heures de pointe et à limiter le recours aux énergies fossiles en période de forte demande. Selon Enedis, le déplacement de la consommation vers la mi-journée permettra de mobiliser l’équivalent de cinq réacteurs nucléaires, soit près de 5 gigawatts. Timothée Furois, directeur du programme « flexibilités » d’Enedis, y voit « un outil de pilotage majeur du réseau, mais aussi une opportunité pour les clients de devenir acteurs de la transition énergétique ». Les consommateurs équipés d’appareils programmables ou d’un véhicule électrique pourront profiter de tarifs avantageux en utilisant l’énergie au moment où elle est la plus propre et la moins chère.

Une adaptation nécessaire au nouveau mix énergétique

Avec la montée en puissance du photovoltaïque, la France doit adapter son système tarifaire à un modèle de production plus variable. « Beaucoup de plages d’heures creuses actuelles ne correspondent plus à la réalité du réseau », rappelait en février la présidente de la CRE, Emmanuelle Wargon. Pour les fournisseurs d’énergie, cette réforme marque un tournant. Vincent Maillard, président d’Octopus Energy, la qualifie de « bonne nouvelle » : « Il est logique d’inciter les ménages à consommer quand la production solaire est à son maximum, notamment en été. Cela évitera aussi les situations de prix négatifs, quand les chauffe-eau ne tournent pas alors que l’électricité abonde. » D’ici deux ans, les Français devront donc s’habituer à recharger leurs véhicules ou à lancer leurs machines en plein après-midi. Une révolution silencieuse, mais décisive, dans la manière de consommer l’électricité à l’ère du renouvelable.

Que retenir rapidement ?

À partir du 1er novembre, près de onze millions de foyers français verront évoluer leurs plages d’heures creuses. Objectif : mieux synchroniser la consomma

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