L’Organisation mondiale du commerce tire la sonnette d’alarme. Face à la montée des tensions économiques et à l’incertitude provoquée par les politiques commerciales américaines, l’OMC redoute un coup d’arrêt brutal aux échanges internationaux. En ligne de mire : un possible effondrement des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine, qui pourrait entraîner une déstabilisation généralisée du commerce mondial.
Un découplage sino-américain aux conséquences planétaires
Selon les prévisions actualisées de l’OMC, la guerre commerciale qui se profile entre Washington et Pékin pourrait faire chuter de 81 % le volume des échanges entre les deux géants économiques. À l’échelle mondiale, le commerce de marchandises pourrait reculer de 1,5 % en 2025 si la spirale protectionniste se poursuit. Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’OMC, avertit : « Un tel découplage, même s’il ne concerne que 3 % du commerce mondial, pourrait provoquer une fragmentation de l’économie en deux blocs géopolitiques, réduisant le PIB mondial de près de 7 % d’ici 2040. » En clair, le système commercial multilatéral hérité de l’après-guerre pourrait s’effondrer sous les coups de boutoir d’une rivalité exacerbée entre grandes puissances.
Les pays en développement en première ligne
Les conséquences seraient particulièrement lourdes pour les économies émergentes et les pays à faibles revenus, déjà fragilisés par les répercussions du Covid-19. Ces pays, souvent tournés vers l’exportation de matières premières, risquent d’être les premiers touchés par la chute de la demande mondiale et les effets en cascade sur les prix et les investissements. Ajay Banga, président de la Banque mondiale, alerte également sur le ralentissement de la croissance mondiale, alimenté par la volatilité douanière et le climat d’incertitude : « Cette instabilité pousse les entreprises à la prudence et ralentit la dynamique globale. » Si l’OMC envisage une modeste reprise du commerce en 2026 (+2,5 %), elle reste suspendue à l’évolution des politiques protectionnistes américaines. En attendant, l’économie mondiale retient son souffle, dans un contexte où chaque nouvelle taxe pourrait faire basculer l’équilibre déjà précaire du commerce international.