Comment la Banque centrale européenne réagira-t-elle lors de sa réunion face aux conséquences des droits de douane de Donald Trump
Comment la Banque centrale européenne réagira-t-elle lors de sa réunion face aux conséquences des droits de douane de Donald Trump

Il est largement prévu que la Banque centrale européenne (BCE) réduise ses taux d’intérêt le 17 avril… en raison de la détérioration des perspectives de croissance dans la zone euro au milieu des tensions commerciales mondiales.

Il est largement attendu que la BCE réduise de nouveau ses taux d’intérêt de 0,25 point de pourcentage le 17 avril, en raison de la détérioration des prévisions de croissance dans la zone euro, dans un contexte de tensions commerciales mondiales imprévues.

Un sondage mené par Reuters auprès d’économistes avant l’annonce surprise des États-Unis reportant la plupart des droits de douane réciproques imposés a montré que la BCE abaisserait ses taux d’intérêt le 17 avril en raison des risques de baisse de l’inflation et du ralentissement de la croissance.

Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi un report temporaire de 90 jours des droits de douane élevés imposés aux pays, à l’exception de la Chine qui fait maintenant face à des droits de 125 %. Cela a donné un peu de temps aux négociateurs commerciaux et aux entreprises de la zone euro.

Il est largement prévu que la BCE, qui a réduit son taux d’intérêt principal sur les dépôts six fois depuis juin dernier à 2,50 %, procède à une nouvelle baisse jeudi, selon 61 des 71 économistes interrogés dans un sondage Reuters du 7 au 9 avril. Une majorité de plus de 70 % prévoit une seule autre baisse en juin, faisant passer le taux de dépôt à 2 %.

Cependant, les données récentes et les développements politiques ont conduit les marchés à anticiper un taux final pour les dépôts situé entre 1,50 % et 1,75 % d’ici la fin de l’année 2025, contre 2 %. Cela implique au moins trois autres réductions après avril.

Division au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE

Il semble que l’organe décisionnel principal de la BCE soit divisé sur la direction future de la politique ; le gouverneur de la Banque centrale de France, François Villeroy de Galhau, a exprimé son soutien à une réduction rapide des taux d’intérêt. Il a précisé que bien que le conflit commercial ait un impact négatif majeur sur la croissance économique, l’inflation dans la zone euro reste forte. Il a ajouté que la hausse de la valeur de l’euro par rapport au dollar américain contribuerait également à limiter les pressions sur les prix.

D’un autre côté, le gouverneur de la Banque centrale d’Autriche, Robert Holzmann, ne voit aucune raison de réduire les taux d’intérêt pour le moment. Il a déclaré mardi : « Après tout ce que j’ai vu, je ne vois aucune raison de changer d’avis », bien qu’il ait laissé la porte ouverte à un changement si les données le justifient.

Le procès-verbal de la réunion du Conseil des gouverneurs du 6 mars, publié le 6 avril, a mis en lumière la montée des divergences au sein du conseil.

La BCE a entamé son cycle de réductions de taux en juin, puis a interrompu cette tendance en juillet avant de reprendre les baisses en septembre, octobre, décembre, janvier et mars, réduisant ainsi son taux d’intérêt principal de 1,5 point de pourcentage au total.

Que peut-on attendre ?

Les observateurs de la BCE s’attendent à ce que la Banque reste prudente concernant les réductions futures des taux d’intérêt.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a défini, à la mi-mars, un cadre pour la prise de décision de la BCE, fondé sur trois piliers principaux de réaction : les prévisions d’inflation, la dynamique des pressions sur les prix et les salaires de base, et la transmission de la politique monétaire.

Vendredi, Mme Lagarde a indiqué que la BCE était prête à utiliser ses outils pour maintenir la stabilité financière.

Elle a ajouté lors d’une conférence de presse : « La BCE surveille la situation et est toujours prête à utiliser les instruments à sa disposition. Elle a déjà fourni les outils et moyens nécessaires pour assurer la stabilité des prix et, bien sûr, la stabilité financière, car l’un ne va pas sans l’autre. »

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