Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a mis en garde mercredi contre la fragilisation croissante du système commercial international, affirmant que l’ordre économique mondial bâti sur des règles communes était menacé par la multiplication des guerres commerciales, des sanctions unilatérales et des politiques protectionnistes.
S’exprimant lors d’une conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) à Genève, Guterres a souligné que « le système commercial fondé sur des règles risque de dérailler », pointant du doigt les tensions croissantes entre grandes puissances, notamment les États-Unis, la Chine et l’Union européenne. Selon lui, les pays en développement sont les premières victimes de cette fragmentation, subissant de plein fouet la hausse des droits de douane et la perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le chef de l’ONU a déploré une tendance à « la démondialisation sélective », marquée par une rivalité économique de plus en plus idéologique. « Nous assistons à une dérive vers un monde divisé en blocs commerciaux concurrents. Cela menace la stabilité financière, la sécurité alimentaire et la lutte contre le changement climatique », a-t-il averti.
Antonio Guterres a également exhorté les puissances économiques à « renouer avec l’esprit de coopération multilatérale » qui avait permis, après la Seconde Guerre mondiale, la création d’institutions comme le GATT puis l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il a appelé à des réformes structurelles pour rendre le système commercial mondial plus équitable, notamment en facilitant l’accès des pays du Sud à la technologie, au financement vert et aux marchés internationaux.
Cette mise en garde intervient alors que plusieurs grandes économies ont récemment renforcé leurs barrières tarifaires, notamment les États-Unis, sous l’administration Trump, qui a multiplié les sanctions et taxes à l’importation au nom de la « souveraineté économique ».
En conclusion, Guterres a rappelé que « le commerce international n’est pas seulement une question d’économie, mais de solidarité mondiale ». Il a exhorté les États membres à placer la coopération au cœur des discussions de la prochaine COP30 et du Sommet du G20, prévus d’ici la fin de l’année.