25 000 milliards sous les mers : l’économie bleue, nouvel eldorado des puissants
25 000 milliards sous les mers : l’économie bleue, nouvel eldorado des puissants

La planète bleue attire les puissances économiques. À Monaco ce week-end, puis à Nice dès lundi, chefs d’État, investisseurs et ONG se pressent pour célébrer ce que certains décrivent déjà comme la prochaine révolution industrielle : l’économie bleue. Ce concept regroupe l’ensemble des activités liées aux océans et aux littoraux, allant du transport maritime à la pêche, en passant par les énergies marines renouvelables et le tourisme côtier. Un potentiel estimé à 25 000 milliards de dollars selon Pascal Lamy, ancien patron de l’OMC.

Une promesse verte… mais fragile

Mais cette manne colossale ne pourra se concrétiser, préviennent les experts, que si les États cessent de « dilapider » les ressources marines. Face aux plastiques, à la surpêche et à l’exploitation minière des fonds marins – récemment autorisée aux États-Unis sous Trump –, l’Union européenne défend à Nice un « pacte pour les océans » : 30 % d’aires marines protégées d’ici 2030, interdiction du chalutage profond et renforcement de la gouvernance internationale.

À Monaco, les discours se veulent inspirants. Entre récifs coralliens restaurés aux Maldives, crédits carbone bleus aux Fidji ou ports verts du futur, les projets promettent de concilier écologie et rentabilité. Mais nombre de voix alertent : sans océan sain, pas d’économie bleue. L’heure n’est plus à l’observation, mais à l’action.

Emmanuel Macron, présent dimanche à Monaco, veut incarner cet engagement. La France ambitionne de peser dans cette course où se mêlent enjeux environnementaux, souveraineté maritime et intérêts stratégiques. Le sommet des Nations unies sur l’océan, qui se tient jusqu’au 13 juin à Nice, sera l’épreuve de vérité pour une économie qui prétend sauver les océans tout en les exploitant.

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