Reconnu coupable d’avoir brûlé un exemplaire du Coran dans la mosquée Errahma à Villeurbanne, un homme de 27 ans a été condamné ce mercredi 30 juillet à un an de prison ferme. Il avait pénétré dans la salle de prière en pleine nuit, volé l’ouvrage sacré, mis le feu au livre puis déposé les cendres devant l’édifice religieux. Rapidement identifié grâce à la vidéosurveillance, il avait reconnu les faits dès sa garde à vue. Il a comparu pour dégradation commise en raison de la religion. Le tribunal correctionnel de Lyon a retenu une altération du discernement, liée à une schizophrénie paranoïde dont il est suivi depuis l’âge de 18 ans. L’homme est sous curatelle renforcée et déjà connu de la justice, avec trois condamnations pour des faits de menaces, de violences homophobes et de vol.
Un geste lourd de conséquences
S’il a assuré n’avoir visé personne personnellement, expliquant qu’il considérait le Coran comme « un livre, pas les musulmans », les juges ont estimé que son discernement, bien qu’altéré, ne l’empêchait pas de comprendre la gravité de son acte. Le tribunal l’a condamné à neuf mois ferme, assortis de trois mois de sursis probatoire, et à une interdiction de séjour à Villeurbanne pour deux ans. La procureure a souligné la nécessité « d’apporter une réponse claire à une société blessée », évoquant un risque élevé de récidive.
Une décision saluée par les parties civiles
Dans un contexte marqué par la recrudescence des actes islamophobes en France, la mosquée Errahma et le Conseil des mosquées du Rhône avaient porté plainte. Leur avocat, Me Sefen Guezguez, a salué une peine « satisfaisante » et déclaré que ses clients avaient eu le sentiment « d’avoir été pleinement entendus ». Cette affaire s’inscrit dans une série de violences récentes contre la communauté musulmane. En avril, deux meurtres à caractère islamophobe avaient suscité une vive émotion dans le pays, ravivant les inquiétudes face à la montée des discours haineux.