Il était considéré comme l’un des principaux suspects dans une fusillade mortelle à Nantes. Incarcéré pour sa participation présumée à l’assassinat de Sahraoui Mamar en octobre 2023, Adda X a été remis en liberté le 25 juillet par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes. Non pas en raison d’un revirement dans l’enquête, mais à cause d’une irrégularité de procédure, qualifiée de « dysfonctionnement imputable au service public de la justice ». Au centre de cette décision : une désignation d’avocat mal enregistrée. L’homme, soupçonné d’avoir tenu les armes ou, au moins, d’avoir participé au règlement de comptes sur fond de trafic de drogue dans le quartier Bellevue à Nantes, avait initialement été assisté d’un avocat commis d’office à Nantes. En août 2024, il décide de confier sa défense à Me Raphaël Chiche, avocat parisien. Mais lors du transfert du dossier à la Juridiction interrégionale spécialisée de Rennes, l’information est mal transmise. Résultat : lors du débat sur la prolongation de sa détention provisoire, les deux avocats sont convoqués, alors que l’un d’eux n’est plus censé intervenir.
Une procédure entachée, une libération automatique
Le 1er juillet 2025, Me Chiche, retenu à la même heure au Parlement de Bretagne pour d’autres dossiers, demande un report de l’audience. Pendant ce temps, l’ancien avocat nantais, dessaisi depuis près d’un an, se présente et assure la défense d’Adda X. Ce dernier, bien qu’assisté, refuse de signer le procès-verbal de l’audience. Or, le juge des libertés et de la détention ne fait aucune mention de la demande de renvoi déposée par Me Chiche, ni n’y répond. Un oubli fatal. Saisi en appel, Me Chiche plaide la nullité de la prolongation de détention. La cour lui donne raison : sans décision motivée du juge sur sa demande de report, l’ordonnance est frappée d’irrégularité. La présence d’un avocat non désigné ne suffit pas à régulariser la procédure. Pour la chambre de l’instruction, cette confusion ne peut conduire qu’à une seule issue : la libération d’office du mis en cause. Adda X, qualifié de « tenancier du point de deal » de la place Mendès-France au moment des faits, reste néanmoins détenu dans le cadre d’une autre procédure. L’enquête sur l’assassinat de Sahraoui Mamar, jeune apprenti jardinier tué sous les balles, se poursuit. En attendant, cette erreur technique remet en lumière les failles d’un système judiciaire sous pression, où un vice de forme peut parfois supplanter les charges les plus lourdes.