La cour d’appel de Rennes a tranché : le trentenaire de Camors (Morbihan), suspecté d’avoir tenté d’assassiner une habitante de Baud à l’aide d’une grenade artisanale, restera en détention provisoire. L’affaire, aussi violente qu’inhabituelle, remonte à la nuit du 14 novembre 2024, lorsqu’une femme a surpris deux hommes cagoulés déposer un engin explosif devant sa maison. L’arme, une grenade modifiée à la charge accrue, n’a pas explosé grâce à l’interruption de la mise à feu. Les démineurs, dépêchés sur place, ont confirmé le caractère fonctionnel de l’engin. Les soupçons de la victime se sont immédiatement tournés vers deux frères de la commune voisine, déjà à l’origine de tensions et menaces passées à son encontre, dans un contexte d’affrontements liés à un conflit dans un bar local.
Des accusations graves et des éléments troublants
La plaignante aurait reconnu l’un des deux frères au moment des faits. Des éléments d’ADN retrouvés sur la grenade renvoient également à l’un d’eux, surnommé « Ragnar », resté introuvable plusieurs mois avant de se présenter spontanément à la gendarmerie. Il a nié toute implication, expliquant que sa trace génétique sur l’objet explosif pouvait s’expliquer par une manipulation ancienne d’une autre grenade, plusieurs années auparavant. Ce père de famille, âgé de 36 ans, a reconnu avoir déjà fabriqué des engins de ce type pour des raisons agricoles, comme la destruction de souches.
Une défense fragile, des antécédents lourds
Le trentenaire mis en cause a affirmé ne pas avoir quitté le domicile familial le soir des faits. Pourtant, les versions de ses proches divergent : certains le disent chez son père, d’autres chez son beau-père. Sa compagne, âgée de 21 ans, a proposé de l’héberger dans les Côtes-d’Armor s’il obtenait une libération sous contrôle judiciaire. Une proposition balayée par la cour, qui a relevé de nombreuses incohérences dans les déclarations. Son casier judiciaire, qui compte quatorze mentions, joue également contre lui. Entre délits routiers, infractions liées aux stupéfiants et violences, l’homme est sorti de prison en 2022. Les magistrats ont estimé qu’il existait un risque élevé de récidive, de pression sur la victime ou de fuite, et ont souligné l’échec de ses suivis en milieu ouvert par le passé. Malgré ses assurances, notamment sur l’arrêt de la consommation d’alcool et de drogue depuis deux ans et demi, l’intéressé n’a pas su convaincre la chambre de l’instruction. Il s’est présenté seul à l’audience, sans avocat, affirmant que ce dernier ne se déplacerait que pour une affaire « importante ». La cour d’appel de Rennes a donc décidé, ce vendredi 18 juillet, de maintenir sa détention provisoire, considérant que les conditions d’une libération, même sous surveillance, n’étaient pas réunies. L’enquête se poursuit.