Au zoo de Lunaret, 200 chauves-souris ont été euthanasiées en février. Une décision passée sous silence, aujourd’hui attaquée en justice par l’adjoint au bien-être animal de la Ville, qui dénonce une atteinte grave aux engagements municipaux. C’est une information qui n’avait pas fuité jusqu’à récemment : 200 chauves-souris de Seba, hébergées depuis deux ans dans un bâtiment provisoire, ont été euthanasiées le 19 février 2025 au zoo de Montpellier. Ces animaux avaient été déplacés après la fermeture de la serre amazonienne en 2022. Selon la mairie, cette mesure radicale aurait été imposée par des contraintes sanitaires et administratives. Mais pour Eddine Ariztegui, élu délégué à la condition animale et membre du Parti animaliste, c’est un « scandale absolu ». Il affirme ne pas avoir été informé, alors même qu’il avait porté en 2024 une délibération interdisant l’euthanasie d’animaux en bonne santé.
Pression des autorités ou carence politique ?
La Ville avance un contexte d’impasse : la direction départementale de la protection des populations (DDPP) aurait exigé, début 2024, la fin de l’hébergement des chauves-souris dans des locaux jugés inadaptés. Plusieurs décès avaient déjà été observés dans le groupe. Et faute de place ailleurs, l’euthanasie collective aurait été décidée, « dans le respect du bien-être animal », précise la Ville. Un anesthésiant aurait été diffusé par voie aérienne pour éviter douleur et stress. Mais pour l’élu, d’autres solutions existaient. Il rappelle avoir permis le transfert de 130 individus vers Berlin et un autre zoo français en janvier. Un enclos dédié au sein du zoo avait été proposé, mais son coût, 200 000 euros, n’a jamais été validé. L’élu assure pourtant avoir contacté près de 1 000 institutions pour trouver des refuges à ces animaux, en vain pour les derniers spécimens.
Un geste légal ou illégal ?
Ce drame relance le débat sur le culling, une pratique répandue mais controversée dans les parcs zoologiques, qui consiste à euthanasier des animaux pour réguler les effectifs. L’élu animaliste entend désormais élargir son combat au plan national, en réclamant une loi contre ces abattages non médicaux. Un recours a été déposé devant le tribunal administratif pour obtenir la reconnaissance de l’illégalité de cette mise à mort massive. « On ne peut pas se targuer d’être une ville amie des animaux et tuer 200 chauves-souris en pleine santé », tranche l’élu. Le zoo de Montpellier, lui, poursuit sa mue vers un modèle plus refuge que vitrine. Mais le passage en force de février laisse une ombre durable sur cette transition.