Lyon : 18 ans de prison pour un ex-bénévole du Samu reconnu coupable de viols sur mineurs
Lyon : 18 ans de prison pour un ex-bénévole du Samu reconnu coupable de viols sur mineurs

Après près de deux semaines de procès, la cour criminelle du Rhône a condamné, hier jeudi 11 décembre, un homme de 60 ans à 18 ans de réclusion criminelle pour des faits de viols et d’agressions sexuelles sur mineurs commis entre 1990 et 2021. Ancien opérateur du Samu et bénévole à la Croix-Rouge, il a reconnu une grande partie des faits, sans jamais se considérer comme un prédateur.

Une peine lourde mais inférieure aux réquisitions

Le parquet avait requis la peine maximale de vingt ans, assortie d’une période de sûreté des deux tiers. La cour en a finalement retenu dix-huit, également assortie de deux tiers de sûreté. À l’issue de deux heures de délibéré, le président de la cour, Éric Chalbos, a énuméré la liste des victimes retenues, au nombre de 21 sur les 38 identifiées durant l’enquête. L’avocat général Vincent Auger avait qualifié l’accusé de « prédateur sexuel », expliquant qu’il fallait « l’empêcher de nuire le plus longtemps possible ». Un terme que l’accusé a refusé d’endosser, bien qu’il ait reconnu avoir eu des comportements « malsains ».

Un mode opératoire établi sur trois décennies

Les faits s’étalent sur trois décennies, entre Lyon et sa région, jusqu’à l’arrestation du mis en cause à Périgueux en 2021. Il s’était constitué un réseau de jeunes garçons isolés, en situation de fragilité sociale ou familiale, généralement âgés de 13 à 16 ans. Il organisait chez lui des soirées où il leur proposait de l’alcool et du cannabis, instaurant un climat de confiance et d’emprise. Sa position auprès d’institutions reconnues : Croix-Rouge, Samu, et même brièvement police judiciaire, lui avait permis d’inspirer la confiance des adolescents comme de leurs familles. Plusieurs avocats de la partie civile ont dénoncé une mécanique installée sur le temps long. « C’est le procès d’une vie de trente ans de prédation », a résumé Me Grégoire Deydier.

Un signalement en 2019, trente ans de silence

Ce n’est qu’en 2019, lors d’une audition dans une autre affaire, qu’un premier témoignage a révélé les faits. L’information judiciaire lancée par la suite a permis d’identifier de nombreuses victimes, dont une majorité n’a pas pu être retenue en raison de la prescription. « Il est le champion de la prescription », a regretté Me Jean Sannier, avocat de plusieurs parties civiles et de l’association Innocence en danger. La condamnation de ce jeudi clôt ainsi un procès à la fois long et lourd, où les témoignages ont mis en lumière un système d’emprise systématique et silencieuse.

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