Un agent de la police municipale de Fontainebleau, âgé de 36 ans, a été placé en détention provisoire pour viol aggravé par abus de fonction. Les faits reprochés remontent au début du mois de juillet, lorsqu’il aurait exigé, en uniforme et pendant son service, des rapports sexuels gratuits auprès de deux prostituées rencontrées via une plateforme en ligne. L’information judiciaire, ouverte à Fontainebleau, a été confiée à un juge d’instruction.
Une intervention sous couvert d’autorité
Selon les premiers éléments de l’enquête menée par la police judiciaire de Seine-et-Marne, le suspect aurait pris rendez-vous avec deux femmes d’origine étrangère, âgées d’une trentaine d’années, logées temporairement dans un appartement de la ville. Accompagné d’un collègue resté en bas de l’immeuble, il serait monté seul et leur aurait fait comprendre qu’elles devaient se plier à ses demandes pour éviter des ennuis. C’est ainsi qu’il aurait obtenu des relations sexuelles sans paiement, profitant de son statut d’agent public. Les deux femmes ont ensuite été retrouvées et ont permis d’identifier formellement le fonctionnaire en question, en poste à Fontainebleau depuis 2024.
Une arrestation discrète et des témoignages troublants
Le 18 juillet, les deux agents municipaux sont arrêtés discrètement à la mairie et placés en garde à vue. Le principal mis en cause reconnaît les faits mais nie toute contrainte, affirmant que les femmes lui auraient proposé spontanément leurs services en raison de sa fonction. Son collègue, quant à lui, explique qu’il l’accompagnait pour des raisons de sécurité, pensant qu’il s’agissait d’une enquête personnelle sur un éventuel réseau de prostitution. À l’issue des gardes à vue, l’un a été relâché sous le statut de témoin assisté, tandis que l’autre a été mis en examen puis écroué. Son avocat conteste la qualification de viol, affirmant que les relations n’étaient ni contraintes ni forcées, et entend démontrer cette version devant la justice.
Un appel à témoins et des mesures disciplinaires
Le maire, Julien Gondard, a suspendu les deux agents dès le 21 juillet et prévoit de renvoyer celui en détachement vers son employeur initial. Quant au mis en cause incarcéré, il pourrait être convoqué devant le conseil de discipline si son agrément n’est pas suspendu par le parquet. Face à la gravité des faits, un appel à témoins a été lancé pour identifier d’éventuelles autres victimes ou témoins de comportements similaires. Le parquet n’exclut pas que d’autres femmes aient été confrontées à des agissements du même ordre, compte tenu du profil du suspect, décrit comme instable et changeant fréquemment de service depuis plusieurs années.