Le directeur général du Crous de Bordeaux-Aquitaine a été suspendu de ses fonctions par le ministère de l’Enseignement supérieur, après une enquête ayant mis en lumière des comportements jugés inappropriés envers plusieurs femmes du personnel. Si le signalement initial évoquait des faits graves de harcèlement et d’agressions sexuelles, l’enquête administrative diligentée par l’Inspection générale de l’Éducation, du sport et de la recherche (IGESR) a nuancé certains éléments tout en révélant des agissements incompatibles avec ses fonctions. À l’origine de l’affaire, des signalements recueillis par la cellule VSS (Violences sexistes et sexuelles) du Crous de Bordeaux, ainsi qu’un courriel anonyme, avaient conduit à l’ouverture d’une enquête interne. Celle-ci a conclu à l’inexactitude partielle des accusations initiales, mais a confirmé l’existence de comportements problématiques répétés à l’encontre de plusieurs membres féminins du personnel. Le ministère a aussitôt tranché : le maintien en poste du directeur général étant devenu impossible, une suspension conservatoire a été prononcée, conformément aux recommandations de l’IGESR.
Un intérim nommé, un signalement au procureur
Dans la foulée, Dominique Froment, actuelle directrice générale du Crous de Toulouse, a été désignée pour assurer l’intérim à la tête de l’établissement bordelais. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Le rapport transmis par les inspecteurs contient des faits susceptibles de revêtir une qualification pénale. En vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale, le ministère a donc saisi le procureur de la République de Bordeaux. Cette affaire relance la question des mécanismes de prévention au sein des structures universitaires. Si le dispositif VSS a permis de faire remonter les faits, les syndicats réclament désormais plus de transparence sur les suites judiciaires et les protections offertes aux victimes potentielles. Le ministère, de son côté, insiste sur la fermeté de sa réaction et assure vouloir renforcer les dispositifs de signalement et de traitement des violences sexistes dans l’enseignement supérieur. Reste à savoir si cette suspension marquera un tournant ou si, comme souvent, les pratiques incriminées tomberont dans l’oubli une fois l’agitation médiatique dissipée.