Un rebondissement qui passe mal. Nathan Badji, suspect clé dans l’affaire du double meurtre de Leslie Hoorelbeke et Kevin Trompat, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire ce mardi 18 mars. Une décision qui provoque la colère de Me Lionel Béthune de Moro, avocat des parents de Leslie, qui dénonce une « erreur de procédure » évitable.
En cause ? Un oubli administratif : le conseil de Nathan Badji n’avait pas été convoqué lors de son entretien de prolongation de détention devant le juge des libertés et de la détention. Un faux pas judiciaire qui a permis au suspect, mis en examen pour enlèvement, séquestration, assassinats et modification de scène de crime, de recouvrer la liberté après plus d’un an derrière les barreaux.
L’affaire Leslie et Kevin, qui a choqué la France, remonte à la nuit du 25 au 26 novembre 2022. Ce soir-là, le couple disparaît mystérieusement après une soirée à Prahecq, près de Niort. Trois mois plus tard, leurs corps sont retrouvés à Puyravault et Virson (Charente-Maritime), dans des circonstances sordides. Selon l’accusation, Nathan Badji aurait été présent aux côtés de Tom Trouillet, le cerveau présumé du guet-apens, lorsque Leslie et Kevin ont été agressés et battus à mort. Il aurait également aidé à faire disparaître les corps.
La décision de la justice passe d’autant plus mal que les demandes répétées des proches des victimes pour être entendus par le juge d’instruction ont toutes été rejetées, déplore Me Béthune de Moro. « La justice ne prend pas le temps d’écouter la famille, mais elle laisse filer l’un des auteurs présumés de ce crime particulièrement sordide », s’insurge l’avocat.
Sur les cinq suspects mis en examen, deux restent incarcérés : Tom Trouillet, l’instigateur présumé des assassinats et Mickaël Zadi, qui aurait participé aux meurtres, au nettoyage de la scène de crime et à la dissimulation des corps.
Nathan Badji, lui, retrouve la liberté, au grand dam des proches des victimes. Un couac judiciaire qui ne devrait pas manquer de faire réagir.