Dans un verdict qui illustre la répression croissante en Russie, Diana Loginova, une musicienne de rue de 18 ans, a été reconnue coupable mardi par un tribunal de Saint-Pétersbourg d’avoir « discrédité » l’armée russe. L’étudiante en musique, qui se produit sous le nom de scène Naoko, a écopé d’une amende de 30 000 roubles (soit environ 369 dollars) pour avoir interprété une chanson anti-Kremlin dans l’espace public.
L’affaire remonte au 15 octobre dernier, lorsque la jeune femme a été arrêtée après que sa performance de « Swan Lake Cooperative » – une chanson du rappeur russe exilé Noize MC – est devenue virale sur les réseaux sociaux russes. Son interprétation de ce titre critique envers le pouvoir a été jugée comme une violation des lois réprimant la dissidence, qui se sont considérablement durcies depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.
Diana Loginova, membre du groupe Stoptime, avait déjà passé près de deux semaines en détention provisoire au début du mois, montrant la sévérité avec laquelle les autorités traitent ce type d’infraction. Son cas s’inscrit dans une vague de poursuites judiciaires visant les artistes, les militants et les simples citoyens qui osent exprimer publiquement leur désaccord avec la ligne officielle du Kremlin.
La condamnation de cette jeune artiste pour un simple concert de rue témoigne de l’étau qui se resserre autour de la liberté d’expression en Russie. La loi contre le « discrédit » de l’armée, de plus en plus utilisée pour faire taire toute critique, devient une arme judiciaire redoutable contre la société civile.
Ce verdict intervient dans un contexte où les autorités russes multiplient les actions en justice pour étouffer les voix discordantes, y compris celles de jeunes artistes sans antécédents politiques. L’affaire Loginova symbolise la criminalisation croissante de toute expression artistique perçue comme hostile au gouvernement et à ses actions militaires.