Yann Tiersen entame une tournée musicale en voilier pour alerter sur le climat
Yann Tiersen entame une tournée musicale en voilier pour alerter sur le climat

Depuis mai, Yann Tiersen sillonne les côtes norvégiennes à bord de son voilier, transformant sa tournée musicale en manifeste écologique. Loin des tournées classiques, le compositeur français entend utiliser sa musique comme levier de conscience sur l’urgence climatique, tout en refusant les logiques de profit qui dominent l’industrie musicale.

Une tournée militante en voilier dans l’Arctique

Ce n’est pas un hasard si Yann Tiersen a choisi la Norvège pour cette aventure artistique et militante. Le pays incarne selon lui une contradiction stimulante, entre sa dépendance à l’exploitation pétrolière et ses idéaux progressistes. À bord du Ninnog, son voilier déjà utilisé lors d’une précédente tournée en 2023, il navigue cette fois jusqu’au Svalbard, l’un des endroits du globe les plus affectés par le réchauffement. « Ce que nous faisons va au-delà de la musique. Il s’agit de redéfinir le rôle de l’art dans un monde au bord de l’effondrement climatique », affirme-t-il dans un communiqué relayé par Accueil-Top.

Yann Tiersen refuse désormais le modèle dominant des tournées à grande échelle, qu’il juge incompatible avec la transition écologique. En lieu et place des salles de concert traditionnelles, il se produit gratuitement dans des lieux non conventionnels, souvent en plein air, parfois au cœur de bases scientifiques comme à Ny-Ålesund. Là, un set électronique est prévu, accompagné d’échanges avec des chercheurs. Un concert est également annoncé à Longyearbyen, au Svalbard, documenté par la photographe embarquée Coline Béal pour sensibiliser à la crise climatique.

Un album engagé et une colère tranquille

Cette tournée accompagne la sortie de son double album Rathlin from a distance / The Liquid Hour, disponible depuis le 4 avril, et précède celle de Eor, projet de sa compagne Quinquis, prévue le 9 mai. Sur ce disque, Yann Tiersen mêle textures électroniques, nappes classiques et voix enregistrées interpellant sur l’état du monde. Il y exprime un désenchantement palpable, tout en conservant cette retenue poétique qui le caractérise : « Sur l’eau, au-delà de la beauté, j’ai senti la colère monter face à l’inaction des dirigeants », confie-t-il à France Inter dans un reportage diffusé le 11 juin 2025.

L’artiste, longtemps associé à la douceur mélodique d’Amélie Poulain, se détache désormais de cette image : « Ce que je fais aujourd’hui, c’est du bruit qui pense », explique-t-il. Loin de Paris, au plus proche des glaces qui fondent, sa musique devient message. Non pas cri de guerre, mais appel à l’éveil — lucide, grave, mais toujours porteur d’espoir.

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