Michel Houellebecq s’apprête à retrouver la scène sous une forme inattendue. L’écrivain, associé au compositeur Frédéric Lo, présentera à partir du 8 avril à La Scala Paris Souvenez-vous de l’homme, une création musicale née d’un album paru le 6 mars. Dix représentations sont annoncées jusqu’au 7 mai dans la salle du 10e arrondissement.
Le projet réunit douze textes écrits et dits par l’auteur des Particules élémentaires, portés par une musique minimale, électronique et mélancolique. À la croisée du récital, du concert et de la lecture musicale, l’ensemble prolonge une veine que Michel Houellebecq explore depuis plusieurs années, loin de sa seule image de romancier.
Une création scénique entre poésie parlée et nappes électroniques
Avec Frédéric Lo, musicien et producteur passé notamment par des collaborations avec Bill Pritchard ou Peter Doherty, Houellebecq construit ici un univers dépouillé, fait de boîtes à rythmes, de piano et de motifs répétitifs. Le résultat cherche moins la chanson classique que l’installation sonore, avec une parole posée au premier plan et une ambiance presque hypnotique.
L’album, composé de douze titres, reprend des textes originaux qui interrogent une nouvelle fois les obsessions de l’écrivain : l’usure du monde contemporain, la solitude, la mémoire, le désir, et plus largement le destin de l’humanité. Certains morceaux sont également liés à son recueil de poèmes Combat toujours perdant, récemment publié.
Michel Houellebecq, un parcours musical discret mais ancien
Ce retour sur scène ne sort pas de nulle part. Depuis les années 1990, Michel Houellebecq enregistre régulièrement ses propres textes sur musique, dans des formats courts proches de la chanson parlée. Il avait déjà publié Présence humaine en 2000, puis multiplié les incursions dans cet univers, avec une manière très singulière de dire ses mots plus que de les chanter.
Avec Souvenez-vous de l’homme, cette dimension musicale prend une ampleur nouvelle grâce à une vraie forme de duo. La résidence prévue à La Scala Paris doit permettre de donner corps à cette matière en public, dans une proposition qui promet d’être aussi austère, étrange et captivante que l’univers de son auteur.