« Ce sont mes mots et mes images, et ceux que j’ai choisis pour elle, avec son accord, pour témoigner »
« Ce sont mes mots et mes images, et ceux que j’ai choisis pour elle, avec son accord, pour témoigner »

Une vive polémique secoue l’industrie du manga au Japon. La plateforme de lecture en ligne Manga One, gérée par la grande maison d’édition Shogakukan, est aujourd’hui boycottée par plusieurs auteurs qui demandent le retrait de leurs œuvres après la révélation de l’embauche d’un scénariste condamné dans une affaire d’agression sexuelle sur mineure.

Selon Libération, des dizaines de mangakas ont exigé que leurs mangas soient retirés du service après avoir appris qu’un auteur condamné avait été réengagé sous un pseudonyme. La colère des créateurs vise en particulier le manque de transparence de l’éditeur dans cette affaire.

Un auteur réengagé sous un autre nom

L’affaire concerne Shoichi Yamamoto, auteur du manga Daten Sakusen, condamné pour des faits de maltraitance pédocriminelle. Après cette condamnation, son œuvre avait été suspendue par la plateforme Manga One en 2020, puis définitivement arrêtée deux ans plus tard.

Mais, comme l’a reconnu l’éditeur Shogakukan, l’auteur a ensuite été réengagé sous un pseudonyme, Hajime Ichiro, en tant que scénariste d’un autre manga publié sur la plateforme, Jojin Kamen. Selon Libération, la publication de cette série a depuis été interrompue et les volumes imprimés ont été retirés de la vente.

La situation n’a été rendue publique qu’après un nouveau jugement civil lié à l’affaire, rendu fin février, ce qui a déclenché la colère d’une partie de la profession.

Une révolte inhabituelle dans le monde du manga

La réaction des mangakas a été rapide. Plusieurs auteurs ont demandé que leurs séries soient retirées de Manga One tant que des clarifications ne seraient pas apportées. Selon Le Figaro, certains dessinateurs évoquent une mobilisation inédite dans un secteur habituellement discret.

Face à la polémique, Shogakukan a publié plusieurs communiqués d’excuses depuis la fin février et a annoncé l’ouverture d’une enquête interne afin de comprendre comment cet auteur a pu être engagé malgré son passé judiciaire.

Une seconde affaire ravive la crise

La controverse s’est encore amplifiée après la révélation d’un autre cas. D’après Libération, l’éditeur a également reconnu avoir collaboré avec un auteur écrivant sous le pseudonyme Itsuki Yatsunami, qui est en réalité Tatsuya Matsuki. Ce scénariste avait été condamné en 2020 à dix-huit mois de prison avec sursis pour des agressions sexuelles sur deux adolescentes. Cette nouvelle révélation a renforcé les critiques contre la plateforme et alimenté le mouvement de boycott lancé par certains mangakas.

Partager