Un missile lancé dimanche par les rebelles houthis du Yémen a brièvement interrompu le trafic aérien et ferroviaire à l’aéroport international Ben-Gourion, principal hub israélien, provoquant la panique parmi les passagers quelques heures avant un vote gouvernemental crucial sur l’intensification de la guerre à Gaza.
La roquette, tirée par les houthis soutenus par l’Iran en signe de solidarité avec les Palestiniens de Gaza, a déclenché des sirènes d’alerte dans plusieurs régions d’Israël. Des vidéos diffusées par les médias locaux montrent un panache de fumée s’élevant près de l’aéroport et des passagers hurlant en courant se mettre à l’abri. Un impact dans un champ situé à proximité des parkings a provoqué un profond cratère. On ignore encore s’il s’agit du missile lui-même, de fragments ou d’un intercepteur tiré par les systèmes de défense israéliens.
Selon l’Autorité aéroportuaire israélienne, le trafic a été suspendu pendant environ une heure. Quatre personnes ont été légèrement blessées, d’après les services médicaux de Magen David Adom. Les autorités israéliennes ont aussitôt promis des représailles. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré : « Quiconque nous attaque, nous le frapperons sept fois plus fort. »
Peu après l’attaque, le porte-parole militaire des houthis, Yahya Saree, a revendiqué le tir d’un missile balistique hypersonique sur l’aéroport. Bien que la majorité des projectiles houthis aient été interceptés depuis le début du conflit, certains ont pénétré les défenses israéliennes et causé des dégâts. Les États-Unis ont d’ailleurs mené des frappes contre les houthis en mars dernier, en soutien à Israël.
Le même jour, un vote stratégique du cabinet de sécurité israélien est attendu sur une possible expansion des opérations militaires dans la bande de Gaza. Selon un responsable militaire, des milliers de réservistes ont commencé à être rappelés. Le ministre d’extrême droite Itamar Ben-Gvir a appelé à une offensive « puissante » et à « bombarder les ressources alimentaires et électriques » de Gaza.
Depuis mars, Israël restreint l’entrée de produits de première nécessité à Gaza pour accentuer la pression sur le Hamas. Une trêve de huit semaines a pris fin le 18 mars, relançant les hostilités. L’armée israélienne a repris du terrain dans l’enclave, où plus de 52 000 Palestiniens auraient été tués depuis le début du conflit, selon les autorités sanitaires locales. Les Nations unies signalent un déplacement massif de la population et une crise humanitaire sans précédent.
Alors que les combats s’intensifient, les frappes israéliennes ont tué sept Palestiniens dimanche, dont deux enfants. L’armée a également annoncé la mort de deux de ses soldats. À ce jour, 59 otages israéliens seraient encore retenus à Gaza, dont environ 35 seraient décédés.