Syrie : un comité recense plus de 1 400 morts en mars mais exonère les commandants de toute responsabilité directe
Syrie : un comité recense plus de 1 400 morts en mars mais exonère les commandants de toute responsabilité directe

Un comité d’enquête mis en place par le gouvernement syrien post-Assad a annoncé mardi que 1 426 personnes avaient perdu la vie en mars dernier lors d’un cycle de violences meurtrières, incluant des attaques contre les forces de sécurité ainsi que des massacres ciblant des civils alaouites. Ces affrontements, survenus principalement dans la région côtière, sont décrits comme les plus graves que la Syrie ait connus depuis la chute du président Bachar el-Assad l’an dernier.

Malgré l’ampleur du bilan humain, le comité affirme ne pas avoir trouvé de preuves que les commandants militaires aient ordonné les représailles sanglantes menées contre des populations civiles. La conclusion du rapport pourrait raviver les tensions autour du rôle des nouvelles autorités, majoritairement composées d’ex-rebelles opposés à l’ancien régime.

La région côtière, historiquement favorable au régime Assad et à majorité alaouite — communauté à laquelle appartenait l’ancien président —, a été le théâtre de scènes de violences particulièrement brutales. Des groupes armés, dans un apparent esprit de vengeance, y auraient mené des attaques coordonnées contre des civils à la suite de raids meurtriers ayant visé des postes de sécurité.

Le comité d’enquête, dont l’indépendance est scrutée de près, présente ces événements comme le fruit de dérives incontrôlées sur le terrain, plutôt que de décisions hiérarchiques assumées. Une posture qui pourrait être perçue comme une tentative d’absoudre les nouvelles structures de commandement issues de la révolution.

Ce rapport intervient dans un climat politique instable. Le nouveau pouvoir syrien, confronté à des défis immenses en matière de sécurité, de reconstruction et de cohésion nationale, fait également face à des troubles dans le sud-ouest du pays, où d’autres groupes minoritaires dénoncent marginalisation et violences.

Pour de nombreux observateurs, la gestion de cette enquête constitue un test crucial pour la crédibilité des nouvelles institutions syriennes. L’enjeu est d’éviter que les dynamiques de vengeance et les fractures communautaires n’alimentent une nouvelle spirale de violences dans un pays encore profondément marqué par plus d’une décennie de guerre.

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