Un calme relatif régnait dimanche matin dans la ville syrienne de Soueida, après une semaine de violents affrontements entre combattants bédouins et factions druzes, selon plusieurs témoignages recueillis sur place. Ce retour à la normalité apparente intervient après le retrait annoncé des forces tribales et alors que les États-Unis redoublent d’efforts diplomatiques pour faire cesser les violences.
Des habitants ont confirmé à Reuters que les échanges de tirs avaient cessé dans la nuit, bien que la situation reste fragile. « C’est un calme tendu », a déclaré Kenan Azzam, dentiste de la région, précisant que la ville faisait toujours face à de graves pénuries d’eau et d’électricité, et que les hôpitaux, débordés ou hors service, peinaient à prendre en charge les nombreuses victimes.
Les affrontements, qui ont éclaté il y a une semaine, avaient opposé des groupes armés druzes à des milices bédouines, entraînant une intervention militaire de Damas. Toutefois, l’action des troupes gouvernementales a été vivement critiquée par les communautés locales, qui les accusent d’exactions, et par Israël, qui a mené plusieurs frappes contre les positions syriennes dans la région, invoquant la protection de la minorité druze.
Une trêve conclue mercredi, avec l’appui de médiateurs internationaux, avait permis un retrait partiel des forces syriennes. Mais un regain de violence avait été signalé samedi, remettant en cause les efforts du président par intérim Ahmed al-Sharaa pour stabiliser la situation et restaurer l’autorité de l’État sur une province historiquement rebelle à Damas.
Le dernier cessez-le-feu annoncé par la présidence syrienne dans la nuit de vendredi à samedi semble toutefois avoir, au moins temporairement, été respecté. L’évolution des prochains jours dira si ce répit peut se transformer en paix durable dans cette région profondément fracturée.