Soulagement mêlé de culpabilité : des étrangers évacués quittent un Israël encore sous tension après la trêve
Soulagement mêlé de culpabilité : des étrangers évacués quittent un Israël encore sous tension après la trêve

Des centaines de ressortissants étrangers ont commencé à quitter Israël mardi, au lendemain de l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran. Après douze jours d’un conflit aérien intense, la trêve, médiée par le président américain Donald Trump, a ramené un calme précaire sur le pays. Mais l’ambiance reste lourde, marquée par la crainte d’un retour de la violence et l’incertitude sur la stabilité de l’accord.

À l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv et dans plusieurs centres de rassemblement de la ville, des scènes d’évacuation ordonnée se sont succédé tout au long de la journée. Des bus affrétés par des ambassades étrangères ont transporté vers des vols spéciaux des citoyens américains, européens et asiatiques, dont beaucoup avaient été coincés dans le pays par la fermeture de l’espace aérien et les annulations de vols. La compagnie nationale El Al a mis en place un pont aérien pour rapatrier les passagers restés bloqués, tandis que d’autres compagnies internationales commencent lentement à reprendre leurs liaisons.

« Je ne pense pas avoir jamais connu une telle peur », confie Emily Hartmann, une touriste allemande de 26 ans, qui attendait son vol de retour à l’aéroport. « Chaque sirène, chaque explosion nous faisait sursauter. Aujourd’hui, je suis soulagée de partir, mais j’ai aussi le cœur lourd de laisser des amis israéliens derrière moi. »

Ce sentiment de soulagement mêlé de culpabilité est partagé par de nombreux évacués. Pour certains, la décision de quitter Israël a été douloureuse, tant pour des raisons affectives que morales. « J’ai des collègues qui vivent ici, qui n’ont pas la possibilité de fuir. Moi je rentre, eux restent sous la menace », explique un consultant français installé à Tel Aviv depuis deux ans, préférant rester anonyme.

La trêve annoncée lundi soir reste fragile. Bien que l’intensité des attaques ait nettement diminué, plusieurs incidents armés ont encore été signalés en marge du cessez-le-feu, remettant en question sa pérennité. Le gouvernement israélien n’a pas encore annoncé de fin officielle à la mobilisation partielle décrétée au début du conflit, et la population reste sur le qui-vive.

Les autorités israéliennes ont cependant salué le retour progressif à la normale dans les transports et les services publics. Le ministère du Tourisme a indiqué qu’il espérait relancer partiellement l’accueil des visiteurs dès la semaine prochaine, mais les agences de voyages restent prudentes.

Pour les étrangers ayant vécu de près ces douze jours de tension, l’expérience restera marquante. « J’aime ce pays, j’y reviendrai peut-être un jour. Mais pour l’instant, j’ai juste besoin de respirer », résume une touriste canadienne, les larmes aux yeux, juste avant de franchir les portes d’embarquement.

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