Le ton est monté samedi après une série de frappes aériennes israéliennes d’une intensité inhabituelle sur plusieurs régions de Syrie. L’émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, Geir O. Pedersen, a fermement condamné ces attaques, les qualifiant de « violations continues et croissantes de la souveraineté syrienne ». Ces frappes ont eu lieu alors que des troupes israéliennes sont déployées dans le sud de la Syrie, officiellement pour protéger la communauté druze locale, confrontée à des affrontements meurtriers avec des milices prorégime.
Vendredi soir, les bombardements israéliens ont visé plusieurs zones de la capitale Damas, ses environs ainsi que les provinces de Deraa, Hama et Harasta, selon les médias syriens. L’agence officielle SANA a fait état de quatre blessés dans la région centrale du pays. L’armée israélienne a déclaré que 12 avions de combat avaient effectué des dizaines de frappes visant des infrastructures militaires, des batteries antiaériennes et des lance-missiles sol-air.
Ces attaques surviennent dans un contexte de violences accrues entre groupes druzes armés et milices fidèles au gouvernement syrien. Près de 100 personnes ont été tuées en quatre jours de combats, marquant le pire épisode de violences communautaires depuis la chute du président Bachar el-Assad en décembre dernier.
Dans un message publié sur X, Geir Pedersen a exhorté Israël à « cesser immédiatement ses attaques » et à « respecter le droit international ainsi que la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de la Syrie ».
L’armée israélienne a justifié son action en affirmant vouloir empêcher l’infiltration de groupes hostiles dans les villages druzes du sud syrien. Elle a également annoncé avoir évacué vers Israël cinq Druzes syriens blessés lors des affrontements. Le porte-parole militaire Avichay Adraee a précisé que les frappes visaient un poste militaire syrien et des systèmes de défense aérienne, notamment près du palais présidentiel syrien.
La communauté druze, issue d’un courant ésotérique de l’islam chiite apparu au Xe siècle, représente une minorité religieuse et ethnique de premier plan en Syrie, où vivent environ 600 000 de ses membres. D’autres communautés druzes importantes se trouvent au Liban, en Israël et dans les hauteurs du Golan, annexées par l’État hébreu en 1981.
Israël affirme vouloir protéger cette communauté, notamment face à la menace de groupes islamistes susceptibles d’exploiter le vide sécuritaire laissé par l’effondrement du régime syrien. Mais cette intervention militaire directe soulève de vives critiques internationales, alors que les tensions restent extrêmement vives dans la région.