Les marchés résistent à l’escalade au Moyen-Orient, le pétrole recule, les banques centrales sous surveillance
Les marchés résistent à l’escalade au Moyen-Orient, le pétrole recule, les banques centrales sous surveillance

Les marchés boursiers mondiaux ont enregistré une progression modérée ce lundi, malgré la poursuite du conflit entre Israël et l’Iran, qui maintient une forte tension géopolitique au Moyen-Orient. La baisse des prix du pétrole, après leur envolée de la semaine dernière, et l’anticipation de plusieurs réunions cruciales des banques centrales ont contribué à une atmosphère d’attentisme prudent chez les investisseurs.

Le baril de Brent est redescendu à 73,38 dollars, effaçant plus d’un point de pourcentage, même après les frappes iraniennes sur Tel-Aviv et Haïfa, qui ont fait au moins huit morts et détruit plusieurs habitations. Cette chute s’explique par l’absence de dommages aux infrastructures de production ou d’exportation de pétrole, selon les analystes, malgré la volatilité accrue alimentée par les tensions régionales. La semaine dernière, les cours du pétrole avaient bondi de 13 %, faisant craindre un effet inflationniste durable.

À Wall Street, les contrats à terme sur le S&P 500 ont progressé de 0,6 %, soutenant l’indice MSCI des actions mondiales, en hausse de 0,2 %. En Europe, l’indice STOXX 600 a gagné 0,4 %, aidé par un rebond des valeurs liées au tourisme. Les places asiatiques ont également suivi cette tendance haussière, portées par de solides données économiques en Chine : les ventes au détail ont crû de 6,4 % en mai, dépassant largement les attentes, tandis que la production industrielle est restée conforme aux prévisions.

Le dollar est resté stable face au yen japonais, mais a cédé un peu de terrain à l’euro, qui a progressé de 0,2 % à 1,1571 dollar. Les devises de pays exportateurs d’énergie, comme la Norvège et le Canada, ont profité de la récente hausse des prix du brut. La couronne norvégienne, en particulier, a atteint son plus haut niveau depuis le début de 2023. La stabilité énergétique des États-Unis, désormais exportateurs nets de pétrole, a également renforcé leur position sur les marchés des changes.

Cette semaine s’annonce cruciale sur le front monétaire. La Réserve fédérale américaine tient mercredi une réunion très attendue. Si les marchés espèrent encore deux baisses de taux d’ici décembre, l’inflation potentielle induite par les prix de l’énergie pourrait rendre la Fed plus prudente. La Banque du Japon, la Banque nationale suisse, ainsi que les banques centrales de Norvège et de Suède se réunissent également. La Suisse est quasiment assurée d’abaisser ses taux d’un quart de point, voire plus.

Les taux obligataires ont légèrement progressé. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans s’est établi à 4,45 %, en hausse de 3 points de base, et celui du Bund allemand a gagné 2 points, atteignant 2,56 %. En parallèle, l’or, traditionnel actif refuge, a cédé du terrain en raison du retour relatif du calme sur les marchés, reculant de 0,55 % à 3 413 dollars l’once.

Malgré les incertitudes géopolitiques persistantes, les investisseurs semblent pour l’heure conserver leur sang-froid, scrutant de près les décisions monétaires à venir tout en évaluant l’impact économique d’un conflit régional qui reste, pour l’instant, contenu.

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