WASHINGTON – Le lieutenant-général Alexus Grynkewich, nommé au poste de commandant du Commandement européen des États-Unis et de commandant suprême des forces alliées de l’OTAN, a averti mardi que les Houthis du Yémen continueront probablement de représenter une menace durable pour les intérêts américains, malgré une récente accalmie militaire.
Lors de son audition de confirmation devant la commission des forces armées du Sénat, Grynkewich a estimé que le groupe soutenu par l’Iran reste une source d’instabilité régionale, même après l’accord conclu le mois dernier entre Washington et les Houthis, censé mettre fin aux frappes américaines en réponse aux attaques contre les navires en mer Rouge.
« Les Houthis sont bien ancrés, bien armés et motivés par une idéologie et un soutien externe qui les rendent difficiles à dissuader sur le long terme », a déclaré Grynkewich aux sénateurs.
Ce constat intervient alors que les États-Unis cherchent à réduire leur exposition militaire au Moyen-Orient, tout en restant confrontés à des menaces asymétriques dans des zones stratégiques comme le détroit de Bab el-Mandeb. Les responsables du Pentagone ont exprimé à plusieurs reprises leur inquiétude face à la capacité des Houthis à perturber les routes commerciales internationales et à agir comme relais de l’influence iranienne dans la région.
L’accord conclu en mai avait été salué comme un pas vers la désescalade, mais Grynkewich a souligné qu’il ne fallait pas l’interpréter comme une fin de la menace. « Le groupe a démontré sa résilience et sa capacité à s’adapter. À moyen terme, il faudra probablement maintenir une pression constante, y compris diplomatique et en matière de sécurité maritime », a-t-il ajouté.
Sa nomination au commandement européen intervient dans un contexte de tensions grandissantes entre l’OTAN et la Russie, mais ses remarques soulignent que la priorité stratégique des États-Unis reste globalement divisée entre l’Europe, le Pacifique et le Moyen-Orient.