Israël intensifie ses frappes à Gaza, Trump évoque une famine tandis que l’offensive s’élargit
Israël intensifie ses frappes à Gaza, Trump évoque une famine tandis que l’offensive s’élargit

LE CAIRE/JÉRUSALEM — Plus de 250 Palestiniens ont été tués en moins de 48 heures par des frappes israéliennes sur la bande de Gaza, marquant l’une des offensives les plus meurtrières depuis l’effondrement du cessez-le-feu en mars dernier. Alors qu’Israël annonce une opération militaire de grande ampleur, le président américain Donald Trump a reconnu vendredi la gravité de la crise humanitaire, affirmant que « beaucoup de gens meurent de faim à Gaza ».

Les frappes aériennes et tirs d’artillerie ont principalement visé le nord de l’enclave, notamment les villes de Beit Lahiya et Jabalia, provoquant la mort de dizaines de femmes et d’enfants. Le ministère de la Santé de Gaza a dénoncé un bilan catastrophique, tandis que les secouristes fouillent toujours les décombres à la recherche de survivants. À Jabalia, des corps enveloppés de draps blancs s’amoncelaient sur le sol, tandis que des familles en deuil tentaient de reconnaître leurs proches.

L’armée israélienne a confirmé avoir frappé plus de 150 « cibles militaires » et a indiqué que ses troupes se repositionnaient dans le cadre d’une nouvelle phase d’opérations baptisée « Chariots de Gédéon », visant à « libérer les otages et anéantir le Hamas ». Le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait annoncé début mai une intensification des opérations, et cette escalade semblait avoir été retardée jusqu’à la fin du voyage de Trump au Moyen-Orient.

Israël, confronté à une pression diplomatique croissante, maintient néanmoins son cap. Des tracts largués sur Beit Lahiya ordonnaient aux habitants de fuir immédiatement vers le sud, sans garantie de sécurité. « Où aller ? À l’ouest, il y a des frappes. Au sud, on tue des gens à Khan Younès. À Deir al-Balah, pareil. Où devons-nous aller ? » s’interrogeait Fadi Tamboura, en pleurs devant un cratère.

Pour de nombreux habitants, l’intensité des bombardements rappelle les premières heures du conflit. « Le sol tremblait sans cesse », témoigne Ismail, un résident de Gaza-ville. Il ajoute avec amertume : « Nous pensions que Trump allait nous sauver, mais il semble que ni lui, ni Netanyahou ne s’en soucient. »

L’isolement diplomatique d’Israël se renforce. Même les États-Unis, son allié historique, ont exprimé leur « préoccupation » par la voix du secrétaire d’État Marco Rubio. Le blocus israélien empêche l’acheminement d’aide humanitaire, aggravant une situation alimentaire déjà critique, que Trump lui-même a reconnue, sans toutefois proposer de mesures concrètes.

Malgré l’envoi d’une délégation israélienne à Doha pour participer à des négociations indirectes avec le Hamas, Netanyahou a exclu toute concession. Selon lui, l’objectif reste la défaite totale du mouvement islamiste.

Pendant ce temps, les familles des 58 otages encore détenus à Gaza alertent sur une opportunité diplomatique qui risque d’être gâchée. Dans un communiqué, le Forum des otages et des familles disparues a déclaré : « Nous vivons des heures dramatiques. L’avenir de nos proches, de la société israélienne et du Moyen-Orient se joue maintenant. »

Alors que les combats s’intensifient et que la population civile paie le prix fort, la perspective d’un cessez-le-feu semble plus lointaine que jamais.

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