Israël frappe la prison d’Evin : 71 morts, Téhéran accuse une attaque contre la souveraineté
Israël frappe la prison d’Evin : 71 morts, Téhéran accuse une attaque contre la souveraineté

L’Iran a confirmé ce dimanche un lourd bilan humain après la frappe israélienne sur la prison d’Evin, au nord de Téhéran, survenue le 23 juin. L’attaque, qui marque une escalade sans précédent dans les cibles choisies par Tel-Aviv, aurait fait 71 morts selon les autorités judiciaires iraniennes. Parmi les victimes figurent des prisonniers, du personnel pénitentiaire, des jeunes conscrits, mais aussi des civils venus rendre visite à leurs proches ou vivant à proximité.

Ciblée pour sa symbolique politique, la prison d’Evin incarne le pouvoir judiciaire iranien et abrite historiquement opposants politiques et prisonniers d’opinion. Elle héberge également plusieurs ressortissants étrangers, dont deux Français détenus depuis 2022. Cette frappe, qui s’inscrit dans la suite de la guerre-éclair engagée entre Israël et l’Iran en mai dernier, laisse craindre une volonté assumée de Tel-Aviv de frapper le cœur des institutions iraniennes au-delà du champ militaire.

Du côté français, l’indignation est de façade. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s’est contenté d’un message sur X, qualifiant de « dangereuse » la situation pour les citoyens français Cécile Kohler et Jacques Paris, sans condamner l’agression israélienne ni remettre en question le soutien diplomatique traditionnel de Paris à Tel-Aviv. Un silence complice qui interroge, une fois encore, sur la réelle indépendance de la diplomatie française face aux intérêts de l’axe Washington-Tel-Aviv.

Cette attaque contre Evin constitue une violation manifeste du droit international. Frappant une infrastructure pénitentiaire non militaire, Israël démontre une fois de plus sa volonté de faire plier ses ennemis par la terreur et l’humiliation, en toute impunité. Aucune sanction internationale, aucun rappel à l’ordre sérieux n’a encore été émis, signe d’un ordre mondial à deux vitesses où les États jugés « alliés » peuvent tout se permettre, y compris viser des civils.

Dans un contexte où l’Occident ferme les yeux sur les crimes de guerre israéliens, cette frappe soulève une inquiétude majeure : jusqu’où Tel-Aviv est-il prêt à aller pour faire plier ses ennemis, et à quel prix pour les innocents ? L’absence de réaction ferme des chancelleries européennes en dit long sur la faillite morale et stratégique des élites bruxelloises, désormais complices de l’expansionnisme israélien sous couvert de « défense démocratique ».

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