L’armée israélienne a lancé lundi une opération terrestre inédite dans les quartiers sud et est de Deir al-Balah, au centre de la bande de Gaza. Cette incursion, accompagnée de frappes aériennes et d’artillerie, a ravivé les craintes des familles d’otages israéliens, alors que des sources militaires soupçonnent que certains d’entre eux pourraient être détenus dans cette zone. Ces opérations intensifient une guerre qui dure depuis plus de 21 mois et qui a déjà fait plus de 59 000 morts côté palestinien, selon les autorités sanitaires locales.
Deir al-Balah abrite de nombreux civils déplacés par les combats. À l’approche de l’armée, des centaines de personnes ont fui à nouveau vers l’ouest et le sud. Les bombardements ont visé des habitations et des lieux de culte, causant au moins trois morts et plusieurs blessés. À Khan Younis, plus au sud, une frappe aérienne israélienne a tué cinq civils, dont une famille entière vivant sous une tente.
Les autorités sanitaires de Gaza ont signalé lundi l’un des bilans quotidiens les plus lourds depuis des semaines, avec au moins 130 morts et plus de 1 000 blessés en 24 heures. Israël n’a pas commenté directement ces événements, mais affirme cibler les infrastructures du Hamas, qu’il accuse d’utiliser des zones civiles à des fins militaires. Le mouvement islamiste, de son côté, nie ces accusations.
Parallèlement, une unité d’infiltration israélienne a procédé à l’arrestation de Marwan Al-Hams, chef des hôpitaux de campagne de Gaza, près d’un centre médical géré par la Croix-Rouge. L’opération a coûté la vie à un journaliste local et en a blessé un autre. Le Comité international de la Croix-Rouge s’est dit « très préoccupé par la sécurité » autour de ses installations et a confirmé avoir pris en charge des blessés, sans fournir plus de détails.
La situation humanitaire à Gaza continue de se détériorer dramatiquement. Dix-neuf personnes sont mortes de faim depuis samedi, selon le ministère de la Santé de Gaza. Les hôpitaux manquent de carburant, de nourriture et de médicaments, et le personnel médical ne reçoit qu’un seul repas par jour. L’UNRWA, l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, alerte sur des risques de famine généralisée, alors que ses stocks de nourriture restent bloqués à l’extérieur de la bande de Gaza.
Dans ce contexte, les négociations de cessez-le-feu menées avec la médiation du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis semblent compromises. Un responsable du Hamas a indiqué à Reuters que l’ampleur des pertes humaines et la crise alimentaire risquent de faire échouer les discussions en cours, qui portent sur une trêve de 60 jours et un éventuel échange d’otages.
Les familles des quelque 50 otages encore en vie à Gaza ont exprimé leur vive inquiétude, appelant le gouvernement israélien à leur fournir des garanties concrètes sur leur sécurité. Cette nouvelle escalade militaire pourrait non seulement compromettre leur sort, mais aussi aggraver encore une situation déjà qualifiée de catastrophique par les observateurs internationaux.