C’était un 8 septembre : Destruction du Temple de Jérusalem
C’était un 8 septembre : Destruction du Temple de Jérusalem

Le 8 septembre 70, après plusieurs mois d’un siège d’une brutalité inouïe, les légions romaines commandées par Titus s’emparent de Jérusalem et incendient son Temple. Haut lieu du judaïsme, reconstruit par Hérode quelques décennies plus tôt, il est anéanti pour la seconde fois de son histoire. Seul un pan de son mur d’enceinte, aujourd’hui connu sous le nom de « Mur occidental » ou « Mur des Lamentations », échappe à la ruine. L’événement marque un tournant décisif dans l’histoire juive et dans la domination romaine en Orient.

Aux origines de la révolte

Depuis la conquête de la Judée par Pompée en 63 av. J.-C., les Juifs vivent sous la tutelle de Rome, tantôt par l’intermédiaire de rois clients comme Hérode, tantôt sous la férule directe de procurateurs romains. Les abus de certains gouverneurs, les rivalités entre Juifs et Syriens, mais aussi l’attente messianique, attisent une hostilité grandissante. En 66, les zélotes et les sicaires déclenchent une insurrection à Jérusalem. Ils infligent même une défaite à la XIIe légion romaine et reprennent le contrôle de la Judée. Mais cette unité est de courte durée : les factions rivales s’affrontent entre elles, épuisant leurs forces alors que Rome prépare sa riposte.

En 67, le général Vespasien commence la reconquête de la Galilée et de la Samarie, avant d’être proclamé empereur en 69. Son fils Titus hérite alors de la mission de reprendre Jérusalem. Au printemps 70, il installe quatre légions autour de la ville, coupant tout ravitaillement. Les assiégés, minés par la famine et les querelles internes, brûlent même leurs propres réserves. Flavius Josèphe, témoin de l’époque, décrit une population épuisée, livrée à la faim, à la violence et au désespoir. Malgré des tentatives de négociation, la résistance continue, attisée par Simon bar Giora et Jean de Gischala, chefs des factions juives.

La chute et ses conséquences

Fin août, les Romains percent les défenses et atteignent l’esplanade du Temple. Malgré les ordres supposés de Titus, l’édifice est incendié le 29 août et s’effondre en flammes. Quelques jours plus tard, le 8 septembre, Jérusalem tombe définitivement : pillée, incendiée, sa population est massacrée ou réduite en esclavage. Flavius Josèphe évoque plus d’un million de morts et 97 000 captifs, des chiffres sans doute exagérés mais qui traduisent l’ampleur de la catastrophe.

Avec la destruction du Temple, le judaïsme perd son centre religieux et sacrificiel. La Judée, elle, est soumise directement à l’autorité romaine et perd toute autonomie. Pour Rome, cette victoire est célébrée en triomphe : l’arc de Titus, érigé à Rome, montre encore les légionnaires portant le butin sacré du Temple. Pour le peuple juif, en revanche, commence une longue dispersion, rythmée par le souvenir douloureux de ce désastre, commémoré chaque année par le jeûne du 9 Av.

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