Les États-Unis font pression sur le Sri Lanka pour qu’il ne rapatrie pas les survivants d’un navire de guerre iranien coulé cette semaine ainsi que l’équipage d’un second bâtiment iranien actuellement retenu dans la région, selon un câble interne du département d’État consulté par Reuters.
Mercredi, un sous-marin américain a torpillé le navire de guerre iranien IRIS Dena dans l’océan Indien, à environ 19 milles nautiques au large de la ville portuaire de Galle, dans le sud du Sri Lanka. L’attaque a causé la mort de dizaines de marins et marque une escalade majeure dans la confrontation militaire entre Washington et la marine iranienne.
Dans le même temps, les autorités sri-lankaises ont commencé jeudi à débarquer 208 membres d’équipage d’un second navire iranien, le bâtiment auxiliaire IRIS Booshehr. Ce navire s’était retrouvé immobilisé dans la zone économique exclusive du Sri Lanka, bien qu’en dehors de ses eaux territoriales.
Le président sri-lankais Anura Kumara Dissanayake a déclaré que son pays avait une « responsabilité humanitaire » d’accueillir les marins et de leur apporter assistance. Cette position place Colombo dans une situation diplomatique délicate face aux pressions exercées par Washington.
Selon le câble diplomatique américain, les États-Unis souhaitent limiter les possibilités pour l’Iran d’exploiter la situation à des fins de propagande. Washington aurait ainsi encouragé le Sri Lanka à éviter le rapatriement immédiat des survivants et à gérer l’affaire avec prudence.
Le torpillage du IRIS Dena, que le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a qualifié de « mort silencieuse », constitue la première destruction d’un navire de guerre par les États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale. Cet épisode souligne l’élargissement géographique du conflit impliquant l’Iran, désormais étendu à l’océan Indien.