Une nouvelle ère nucléaire se profile alors que le dernier accord de contrôle des armements entre Moscou et Washington arrive à échéance
Une nouvelle ère nucléaire se profile alors que le dernier accord de contrôle des armements entre Moscou et Washington arrive à échéance

Le dernier traité de limitation des arsenaux nucléaires entre la Russie et les États-Unis, New START, doit expirer dans les prochaines heures, ouvrant la voie à une période d’incertitude stratégique sans précédent depuis la fin de la guerre froide, selon des responsables et des experts en sécurité.

Signé en 2010 par les тогда présidents Barack Obama et Dmitri Medvedev, l’accord plafonne le nombre d’ogives nucléaires stratégiques déployées et limite les vecteurs — missiles balistiques intercontinentaux, missiles mer-sol et bombardiers lourds — tout en instaurant un régime d’inspections et de transparence mutuelles.

À l’approche de l’échéance, rien n’indique qu’une prolongation ou qu’un accord de remplacement soit imminent. Les relations entre Moscou et Washington se sont fortement dégradées, notamment en raison de la guerre en Ukraine, rendant toute négociation substantielle extrêmement difficile.

Des experts avertissent que l’absence de cadre juridique contraignant pourrait entraîner une course aux armements, chaque camp cherchant à renforcer ou moderniser son arsenal sans limites formelles ni mécanismes de vérification. Un tel scénario accroîtrait les risques de malentendus stratégiques et d’escalade.

Côté russe comme américain, les autorités affirment rester attachées à la stabilité stratégique, tout en accusant l’autre camp de saper les conditions d’un dialogue crédible. Moscou a déjà suspendu sa participation à certains aspects du traité, tandis que Washington souligne l’importance de la transparence pour éviter des calculs erronés.

Avec l’expiration de New START, la planète entre ainsi dans une phase inédite depuis plus de cinquante ans, sans accord bilatéral majeur encadrant les deux plus grandes puissances nucléaires. Pour de nombreux analystes, l’enjeu dépasse les seuls arsenaux : il s’agit désormais de savoir si un minimum de règles communes peut encore prévaloir dans un contexte géopolitique de plus en plus fragmenté.

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