L’étudiante sud-coréenne Yunseyo Chung (21 ans), soutenant la Palestine, a déposé une plainte contre l’administration du président américain Donald Trump, qui cherche à l’expulser du pays.
Yunseyo, étudiante à l’Université de Columbia, vit aux États-Unis depuis l’âge de sept ans, mais son équipe juridique a été informée, il y a deux semaines, de l’annulation de son statut de résident permanent légal, selon un document judiciaire déposé auprès du tribunal de district des États-Unis pour le district sud de New York.
Dans la plainte déposée lundi, Yunseyo Chung affirme que l’administration Trump considère sa présence sur le sol américain comme un obstacle aux plans du pays concernant la politique étrangère. Yunseyo n’a pas été arrêtée jusqu’à présent, bien que des responsables de l’immigration aient perquisitionné son domicile à plusieurs reprises à la recherche d’elle.
Trump a promis d’expulser les manifestants étrangers soutenant la Palestine, les accusant de soutenir le mouvement islamiste Hamas et d’entraver la politique étrangère américaine tout en alimentant l’antisémitisme.
Les manifestants, dont certains sont membres de groupes juifs, affirment que « l’administration confond à tort leurs critiques envers Israël et leur soutien aux droits des Palestiniens avec de l’antisémitisme et du soutien au Hamas ». Les défenseurs des droits de l’homme ont dénoncé les mesures du gouvernement.
Modèle élargi
L’activiste palestinien Mahmoud Khalil, qui a participé aux manifestations à l’Université de Columbia ce mois-ci et conteste sa détention, est lui aussi un résident permanent légal aux États-Unis. Trump l’a accusé, sans fournir de preuves, de soutenir le Hamas, ce que Khalil nie.
La plainte de Yunseyo souligne que les actions prises contre elle « font partie d’un modèle plus large de tentatives du gouvernement américain de réprimer les activités de protestation protégées par la Constitution et d’autres formes d’expression ».
Elle ajoute que « la campagne de répression gouvernementale se concentre particulièrement sur les étudiants universitaires qui expriment publiquement leur solidarité avec les Palestiniens et critiquent la campagne militaire en cours menée par le gouvernement israélien à Gaza ».
Un porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure a indiqué que Yunseyo avait adopté un comportement préoccupant, notamment lorsqu’elle a été arrêtée lors d’une manifestation à la Barnard College, qualifiée par le ministère de « pro-Hamas ».
Le porte-parole n’a pas fourni plus de détails sur ce comportement, mais a précisé qu’elle « était en situation d’expulsion en vertu des lois sur l’immigration » et qu’elle aurait l’opportunité de présenter sa cause devant un juge spécialisé en immigration.
D’autres cas similaires ont eu lieu. Les autorités ont arrêté la semaine dernière Badr Khan Suri, un étudiant indien à l’Université de Georgetown. Un juge fédéral a interdit son expulsion.
De plus, des responsables américains ont demandé vendredi dernier à un étudiant de l’Université Cornell, Mamoudou Tall, de se rendre, selon ses avocats, en raison de l’annulation de son visa.
Avec le soutien total des États-Unis, Israël mène depuis le 7 octobre 2023 une guerre contre la bande de Gaza, laissant plus de 163 000 Palestiniens tués ou blessés – principalement des enfants et des femmes – et plus de 14 000 disparus.